Retards volontaires, arrêts transformés en parkings et altercations avec les usagers: à Oran, des pratiques inquiétantes entachent le service de transport urbain. Un incident survenu à l’arrêt de Cherfaoui relance la question du contrôle et du rôle de la direction des transports. À Oran, prendre le bus devient chaque jour un véritable parcours du combattant. Retards répétés, arrêts prolongés et comportements déplacés: des usagers dénoncent des pratiques qui pénalisent travailleurs, étudiants et personnes âgées. Dans plusieurs arrêts de la ville, notamment au niveau de Cherfaoui, des bus restent stationnés de longues minutes, attendant d’être bondés avant de démarrer. Une attitude qui transforme les arrêts en parkings improvisés, au mépris des règles les plus élémentaires du service public. Un arrêt est censé permettre la montée et la descente des passagers, puis le départ du véhicule. Rien de plus. Hier encore, un travailleur du secteur de l’Éducation nationale M. Kadari Malek a failli être agressé verbalement après avoir simplement demandé au chauffeur de démarrer. «C’est un arrêt, vous faites monter et descendre les usagers et vous démarrez», lui a-t-il lancé calmement. La réponse du chauffeur fut choquante: des mots déplacés, suivis d’un défi clair — «Va déposer plainte à qui tu veux». Ce type de comportement soulève de sérieuses interrogations. Où est le respect dû aux citoyens? Où est la notion de service public? Les usagers paient leur transport et ont droit à un minimum de considération. Plus grave encore, cette situation pose la question du rôle et du contrôle exercé par la direction des transports. Existe-t-il un suivi réel sur le terrain? Des inspections inopinées sont-elles effectuées? Des sanctions sont-elles prises contre les dépassements et les abus? Le transport urbain est un maillon essentiel du quotidien des Oranais. Il ne peut fonctionner selon la loi du plus fort ou l’humeur d’un conducteur. Il est temps que les autorités concernées rétablissent l’ordre et rappellent à certains que le bus n’est pas une propriété privée, mais un service destiné aux citoyens. Les usagers, eux, n’attendent qu’une chose : voyager dans le respect et la dignité.



