Une semaine après le début du mois de Ramadhan à Béjaïa, le constat s’impose avec la même évidence que les années précédentes. Les scènes observées sur le terrain se répètent, presque à l’identique, installant un décor désormais familier. Hausse de certains produits, files d’attente interminables devant les commerces, étalage anarchique sur les trottoirs, mais aussi élans de solidarité et restaurants Rahma rythment le quotidien des citoyens durant ce mois sacré. Comme à l’accoutumée, l’étalage des produits sur la voie publique, y compris ceux classés sensibles, refait surface à pareille période. Dans certaines régions de la wilaya, la vente informelle investit trottoirs et chaussées, malgré les efforts déployés par les services de sécurité pour éradiquer ce phénomène récurrent. Ces mêmes services ont, par ailleurs, mis en place un plan spécial Ramadhan visant la sécurisation des lieux publics et la préservation de l’ordre public. Dans les marchés de détail de Béjaïa et des différentes communes de la wilaya, les commerçants renvoient la responsabilité des hausses aux mandataires grossistes. Ces derniers accusent à leur tour les producteurs et certains intermédiaires, chacun rejetant la faute sur l’autre dans un climat de méfiance généralisée. Du côté de la direction du commerce de la wilaya, on affirme que «même si les prix sont libres dans le cadre de l’économie de marché, cela ne nous empêche pas de veiller à leur stabilisation à travers une présence permanente de nos agents». À cet effet, des brigades de contrôle, composées d’une soixantaine d’agents, sont mobilisées. Les actions de contrôle s’intensifient particulièrement dans les marchés et les lieux de commerce, avec un accent mis sur les pratiques commerciales et la qualité des produits proposés à la vente. À Béjaïa, le mois de Ramadhan se distingue également par les longues files d’attente devant les boulangeries et les bureaux de poste, parfois interminables et éprouvantes pour les citoyens. Les mesures prises ont permis d’assurer la disponibilité de certains produits de base, notamment l’huile de table et la semoule. La production de lait en sachet a également été renforcée durant ce mois. Toutefois, la poudre de lait représente près de 90 % de la production, tandis que la collecte du lait cru reste largement en deçà des attentes. Malgré les aides accordées par l’État, les transformateurs continuent de recourir massivement à la poudre, alors que la collecte locale demeure insuffisante face à une demande accrue sur ce produit de première nécessité. Cette année encore, la fabrication de la pâtisserie orientale est confrontée à des difficultés d’approvisionnement en semoule et en huile. «Seuls les commerçants légalement constitués peuvent exercer cette activité, les saisonniers ne pouvant pas s’approvisionner en ces produits», explique un pâtissier. Une situation qui a engendré une tension sur la zlabia, produit emblématique du Ramadhan, avec des files d’attente visibles à travers toute la wilaya, notamment dans les grands centres urbains. Du côté de la poste principale de Béjaïa, on assure qu’«il n’y a pas de manque de liquidités cette année». Afin de réduire l’affluence devant les guichets CCP, les distributeurs automatiques sont régulièrement alimentés en billets de banque. Sur le plan de la solidarité, plusieurs restaurants Rahma sont ouverts à travers la wilaya. Ils sont gérés par le Croissant-Rouge algérien, des associations caritatives, des bienfaiteurs et des communes. Des couffins alimentaires sont également distribués aux familles nécessiteuses, préalablement recensées. «Ces colis ont été acquis grâce aux aides des particuliers et aux dons des bienfaiteurs», indiquent les responsables du Croissant-Rouge de la wilaya de Béjaïa. La direction des affaires religieuses a, elle aussi, contribué à cet élan de solidarité en distribuant des aides financières issues de la zakat. Les communes, de leur côté, ont procédé au versement direct d’aides financières aux familles concernées, mettant fin à la distribution des couffins alimentaires, une pratique longtemps critiquée pour son manque de transparence et d’efficacité.



