Sidi Bel Abbès. L'aquaculture sur l'assiette du jeûneur

À Sidi Bel Abbès, l’assiette du jeûneur opère une mue significative. Orchestré par la Direction de la pêche et de l’aquaculture, le marché local s’irrigue de nouvelles ressources halieutiques, marquant une volonté politique d'allier accessibilité économique et sécurité sanitaire. Alors que le mois de Ramadhan est traditionnellement synonyme de pressions inflationnistes sur les produits de large consommation, la Direction de la pêche de la wilaya de Sidi Bel Abbès a déployé une stratégie d’étalement de l’offre particulièrement rigoureuse. Depuis l’entame du mois sacré, ce sont 2,3 tonnes de poissons d’eau douce qui ont été injectées dans les circuits de distribution solidaires et les espaces commerciaux de proximité. Cette démarche ne relève pas de la simple logistique d’approvisionnement ; elle traduit une ambition de diversification protéique. En mettant en avant le tilapia rouge, la carpe royale ou encore le loup de mer à des tarifs concurrentiels, l’administration locale tente de s'affranchir des aléas de la pêche maritime pour offrir une alternative pérenne au pouvoir d’achat des citoyens. C’est une véritable pédagogie de la consommation qui s’opère, visant à ancrer les produits de l’aquaculture dans les mœurs gastronomiques locales. Le secteur de la pêche maritime, bien que structurellement plus vulnérable aux humeurs de la météo, n’est pas resté en marge. Malgré des perturbations climatiques ayant entravé les sorties en mer, 1,2 tonne de poissons blancs et bleus a pu être acheminée vers les étals. L’optimisme reste de mise chez les autorités, l’accalmie météorologique annoncée laisse présager une intensification des flux. Cette dualité entre production continentale (aquaculture) et apports maritimes crée un mécanisme de vases communicants essentiel pour garantir une stabilité des prix sur un marché souvent sujet à la volatilité. L’abondance ne saurait toutefois se soustraire à l’impératif de la santé publique. Pour encadrer cette dynamique commerciale, une ingénierie de contrôle multidimensionnelle a été instaurée. Des brigades mixtes, associant vétérinaires et inspecteurs de la Direction du commerce et de l’agriculture, quadrillent les points de vente. Ce maillage de surveillance rigoureux vise à garantir que la démocratisation du poisson produit par essence périssable, réponde aux normes de salubrité les plus strictes. À Sidi Bel Abbès, l’acte de consommation se veut ainsi sécurisé, soutenu par une volonté institutionnelle de répondre aux besoins du citoyen sans compromis sur la qualité.


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