Le président de la République a mis l’accent sur les crimes du colonialisme en Afrique. L'Algérie détient les preuves

L’Afrique que d’histoires ! mais de barbarie aussi. De 1830 à 1960 les européens notamment de l’ouest y installent des colonies ou des protectorats, ils tracent des frontières et un semblant d’administrations se substituant aux autochtones. Cette colonisation avait commencé bien avant. Grecs, romains, espagnols, portugais et même des peuples d’Asie de l’Est s’y sont installés. Cependant c’est durant la période 1880 1960 que la parenthèse sur la colonisation de l’Afrique fut ouverte avec les crimes odieux, les déportations, l'esclavagisme, les spoliations… Durant des décennies et des millénaires, l’Algérie aura été le pays d’Afrique du nord ayant subi le plus d’atrocités coloniales et à quel prix! Incontestablement l’Algérie est ce faisant unanimement qualifiée «historiquement» et «moralement» pour conduire l’Afrique dans la voie de la reconnaissance officielle des crimes coloniaux commis par les occupants à travers les siècles et les âges. Le double héritage du continent africain est cette colonisation économique et sociale mais elle est avant tout une cause politique en ce sens qu’elle relève d’un processus de désintégration et de revendication des droits spoliés. L’Algérie détient sur ce sujet épineux des preuves tangibles et irréfutables. Elle possède des archives, des dossiers «choc», des témoignages accablants mais aussi des images vidéo et télévisées.
L’Algérie, mue par son souci légitime de partager son expérience vécue au bout de 132 ans de colonisation et de souffrances endurées par sa population du fait du colonialisme français, est prête à fournir des preuves. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune se dit disposé à aller de l’avant pour défendre bec et ongles le dossier de la colonisation de l’Afrique continent auquel appartient l’Algérie. Lors de son allocution, lue en son nom par le Premier ministre Sifi Ghrieb, prononcée lors d’une réunion tenue en marge du 39ème sommet des chefs d’États et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a en effet mis l’accent sur les crimes du colonialisme en Afrique. Il a annoncé la disponibilité de l’Algérie à mettre à disposition des instances juridiques africaines compétentes ses archives, documents et preuves matérielles attestant des violations commises durant cette période. Le président de la République n’a pas manqué à ce titre de saluer l’étude réalisée par la Commission de l’Union africaine pour le droit international, la qualifiant de contribution majeure à la réflexion juridique collective du continent africain. Aujourd’hui l’Afrique se tient debout et se «rebelle» pour parler à l’unisson et revendiquer ses droits économiques et sociaux parlant. Qu’en est-il de ses droits moraux ? Là, c'est une autre paire de manches. L’étude en question réalisée en vertu de la décision n° 934, adoptée lors d’un précédent sommet, examine les conséquences juridiques de la qualification du colonialisme comme crime contre l’humanité et explore la possibilité de considérer certaines pratiques historiques — notamment l’esclavage, les déportations forcées et certaines formes de domination coloniale — comme des actes pouvant relever du crime de génocide contre les peuples africains. A l’évidence, il pourrait s’agir de droits avant tout «moraux». Le continent africain riche par ses potentialités, ses ressources et ses compétences n’aurait nullement besoin de compensation ou de dédommagement comme aiment à le croire certains cercles occultes aux visions et esprits pour le moins étriqués voire malhonnêtes mais bel et bien de reconnaissance officielle des crimes contre l’humanité commis sur ses territoires pendant des siècles. L’Afrique n’a plus besoin de leçons morales à recevoir des colonisateurs. L’Europe notamment doit cesser de la regarder comme des ex colonies. C’est important de le mentionner. Tebboune a souligné que l’Algérie soutient pleinement les initiatives africaines visant à inscrire clairement le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves.
Selon lui, une telle reconnaissance « renforcerait les principes de responsabilité internationale, lutterait contre l’impunité et contribuerait à l’établissement d’une justice historique équitable pour les peuples ayant subi ces violences ». Évoquant l’expérience algérienne marquée par plus de 132 années de colonisation, il a insisté sur la détermination du pays à «partager ses archives et témoignages historiques afin d’aider les institutions juridiques africaines à documenter les atrocités commises contre les peuples du continent». Il a également rappelé que l’Algérie, aux côtés du Togo, de l’Afrique du Sud, et du Ghana, « est chargée de suivre la mise en œuvre de la décision 934 dans le cadre des activités thématiques de l’Union africaine pour 2025. Dans ce contexte, elle a organisé une conférence internationale de haut niveau consacrée aux crimes du colonialisme, réunissant experts, universitaires et responsables politiques de plusieurs régions du monde». Le président Tebboune a également salué l’adoption d’une initiative algérienne instituant une journée africaine officielle de commémoration des martyrs du continent, fixée au 30 novembre, destinée à renforcer la conscience historique des jeunes générations. Sur le plan national, il a mis en avant l’adoption par le Parlement algérien d’une loi criminalisant le colonialisme, visant à établir les responsabilités juridiques, protéger la mémoire nationale et consacrer le principe d’imprescriptibilité des crimes graves. Il affirme en un mot que la reconnaissance de la vérité historique «constitue un impératif moral et juridique indispensable à la construction de relations internationales équilibrées fondées sur le respect, l’équité et la dignité humaine, estimant que l’ancrage de cette vérité représente un socle essentiel pour un avenir mondial plus juste et régi par le droit». L’Union africaine a adopté, lors de son 39? sommet tenu dimanche à Addis-Abeba, la «Déclaration d’Alger» sur les crimes du colonialisme en Afrique, en tant que contribution à l’effort continental visant à criminaliser le colonialisme et à réclamer des réparations. Elle a également décidé de consacrer le 30 novembre comme Journée africaine en hommage aux martyrs africains et aux victimes de la traite transatlantique des esclaves, du colonialisme, et de l’apartheid, tout en exprimant sa reconnaissance au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour cette initiative. L’adoption de la «Déclaration d’Alger», qui couronne les travaux de la conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique tenue les 30 novembre et 1?? décembre 2025 à Alger, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des décisions de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine relatives au thème de l’organisation pour l’année 2025, intitulé : «Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations». Cette déclaration a été adoptée comme contribution au processus continental visant à criminaliser le colonialisme et à promouvoir les réparations. Il a également été décidé d’adopter le 30 novembre comme Journée africaine pour commémorer les martyrs africains et les victimes de la traite transatlantique des esclaves, du colonialisme, et de l’apartheid, soulignant l’importance de la mémoire collective comme l’un des fondements de la reconnaissance, de l’équité, et de la garantie de non-répétition. La «Déclaration d’Alger» appelle les anciennes puissances coloniales à «assumer pleinement leurs responsabilités historiques à travers une reconnaissance publique et explicite des injustices commises», ainsi qu’à la création d’une plateforme africaine pour la justice environnementale chargée d’identifier les zones affectées, d’évaluer les dommages, d’accompagner les États concernés et de formuler des recommandations continentales en matière de réhabilitation et de réparation.


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