Ramadhan oblige, tout pour protéger le pouvoir d’achat, tel est le leitmotiv des autorités ministérielles du pays. Décidément, ce pouvoir d’achat qui a tant fait couler beaucoup d’encre, continue et continuera d’être au cœur des priorités de l’Etat, à l’approche du mois de Ramadhan 2026. Vigilance, mesures de protection du pouvoir d’achat, approvisionnements réguliers des marchés, sensibilisation en tous les produits sans exception contre les gaspillages, marchés de proximité, contrôles permanents des prix et de la qualité des produits en vente… autant d’indicateurs au vert qui dénotent de la volonté manifeste des pouvoirs nationaux centraux de combattre la spéculation et les ruptures de produits de consommation qu’ils soient de première nécessité ou stratégiques. Ainsi, dans une démarche proactive visant à protéger le pouvoir d’achat, l’Office national des aliments de bétail (ONAB) a entamé, ce lundi matin, une opération massive d’approvisionnement des marchés en poulets importés du Brésil. Cédés au prix réglementé symbolique de 320 DA le kilogramme, cette initiative intervient en application des directives du ministère du Commerce intérieur, en étroite coordination avec le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. L’objectif principal est d’inonder les points de vente agréés en viande de poulet congelé afin de contrer toute spéculation. Une initiative louable qui coïncide avec les préparatifs du mois sacré de Ramadhan, période exceptionnelle de l’année, marquée par une forte croissance de la demande sur les viandes blanches et par conséquent, influente sur les prix de la viande. Les autorités ciblent particulièrement le pic de demande, observé durant la dernière semaine précédant le mois de jeûne et plus spécifiquement les trois derniers jours, afin d’éviter toute pénurie ou envolée tarifaire. Selon des sources relayées par Echorouk, le ministère du Commerce a densifié ses inspections sur le terrain après avoir constaté des tentatives d’augmentation injustifiées de certains produits de même que des rondes de brigades spécialisées ont supervisé les ventes de viandes blanches au niveau de plusieurs points de vente du pays. Certains intervenants de filières du marché auraient, en effet, tenté de porter le prix du poulet au-delà de la barre des 400 DA/kg, n’était-ce la grande vigilance des inspecteurs de contrôle. Il faut noter que la distribution s’effectue via les marchés de proximité et les points de vente agréés pour garantir la disponibilité du produit au prix fixé dès lors qu’il semble certain que la question pertinente du pouvoir d’achat du citoyen lambda se trouve au centre des préoccupations de plusieurs ministères et départements ministériels et pas d’un seul ministère. Autant d’efforts donc qui s’inscrivent dans une stratégie commune entre les différents départements ministériels pour mettre un terme aux phénomènes et pratiques qui ont eu la peau dure et par la même, ont déplumé les poches des consommateurs, à force de recourir aux gains faciles illicites ces dernières années. En surveillant quotidiennement l’état du marché, le gouvernement entend verrouiller toute tentative de manipulation des prix et assurer un approvisionnement régulier en produits de base. Une priorité absolue pour préserver la stabilité sociale et le portefeuille des ménages durant les périodes de forte consommation. En parallèle au déploiement de la volaille, le gouvernement algérien accélère la cadence sur le front des viandes rouges. Sous l’impulsion du groupe public Agrolog, une stratégie d’envergure est déployée pour briser la spirale inflationniste. Ce ne sont pas moins de 29.545 tonnes de viandes (rouges et blanches) qui seront injectées sur le marché d’ici la mi-mars 2026. Pour garantir une distribution fluide, l’Office régional des viandes rouges (ORVO) a considérablement élargi son réseau d’abattage. Désormais, huit abattoirs industriels dont les nouvelles structures de Sidi Bel-Abbès et Relizane, tournent à plein régime pour approvisionner l’Ouest du pays. L’objectif de cette «opération Ramadhan 2026» est double : assurer une qualité sanitaire irréprochable et court-circuiter les intermédiaires responsables de la flambée des prix. En multipliant les points de vente directs et en renforçant le contrôle rigoureux des marchés, les autorités visent à proposer une viande ovine et bovine à des tarifs réglementés et compétitifs. Cette offensive logistique témoigne d’une volonté ferme de l’État de réguler le marché national de manière structurelle, transformant cette période de forte demande en un test de résilience pour la souveraineté alimentaire et la protection du pouvoir d’achat.
Les prix connaissent une hausse injustifiée ces jours-ci. Du poulet brésilien contre la spéculation
- par B. Habib
- Le 10 Février 2026
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