Saïda. La fureur de vivre

L'on constate qu'il y a un grand désarroi grandissant dans les larges couches de la société. L'on a l'impression que tous les équilibres socioéconomiques et culturels de la ville sont perturbés. L'espace d'un moment, les yeux rivés sur cette lucarne magique, des familles frappées par la précarité et l'incertitude laissent leur imagination s'engouffrer dans cette débauche de couleurs, de luxe et de beauté. Beaucoup de familles continuent à fuir leur ville! N'est-ce pas une amère réalité qui crève les yeux? Mais pourquoi partent-ils? Et pourquoi les autres restent-ils? Ont-ils l'esprit perturbé pour aller chercher remède ailleurs à leurs maux dans cette fuite désespérée. La vie étant ce qu'elle est mais beaucoup de questions sans réponses. Il faut bien se dire que ces exils volontaires ont quelque chose d'anormal. Alors pourquoi sont-ils partis et pourquoi sommes-nous restés? Terribles questions! L'opportunisme, un mal qui dérange toute la société et qui ne laisse à aucun moment la place aux bonnes actions à l'éducation et à nos valeurs. L'opportunisme tel un métronome qui vacille une fois à gauche - une fois à droite. Ses adeptes sont de plus en plus nombreux - ils sont capables de s'aligner avec le Diable pour défendre leurs intérêts personnels au détriment du reste. Leur objectif immédiat est de séduire le Maître du moment et qu'ils n'hésitent pas à le trahir dès qu'il aura perdu le statut de Chef. Saida n'est plus la radieuse comme son nom l'indique et là, c'est une des raisons qui pousse nos enfants à partir vers des cieux plus cléments comme Oran, Sidi Bel-Abbès, Témouchent etc…. Certains de nos exilés rencontrés par un pur hasard dans une ville citée nous ont déclaré qu'ils l'ont fait parce qu'ils ont refusé simplement de rester dans une ville victime de l'ostracisme. Et oui, messieurs les Exilés. La flatterie du Seigneur n'est-elle pas souvent motivée par des intérêts avec un semblant de patriotisme?


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