Animée de nobles intentions, vous avez pris une louable initiative d’effectuer une visite en Algérie que vous projetiez être une impulsion dans un processus de relance des relations entre deux pays, liés par une histoire dramatique. En osant ce geste, vous avez soulevé des réprobations farouches, vociférées par des voix dégoisées, sous les effets de rigidité de certaines mentalités réfractaires à toutes idées d’apaisement ou de sortie de crise. Ces rebuffades sont orchestrées dans des médias hexagonaux pour des motivations d’audimat et de visibilité de certains intervenants sur des plateaux, toujours à la recherche de plus d’audience. Leur mission réelle est de s'ériger en relais sonores et visuels de la mouvance droite-extrémiste et négocier, ce faisant, leur adhésion à ce courant de pensée, porté par une idéologie abhorrée par la nécessité incontournable et naturelle, de coexister et composer avec tous les membres de la collectivité quelle qu’en soit la diversité sur tous les plans. N’en déplaise à ceux qui s’arc-boutent encore sur le dogme du refus de la différence. S’agissant de ceux-là, nul doute qu'à leurs agitations ubuesques et leurs verbiages redondants, vous n'afficherez qu’une indifférence... royale. Vous arrivez en Algérie en ayant conscience que vous faites vibrer plus d’une colonne, soutenant des postulats gravant une orthodoxie désormais bien chancelante, pourtant prônée obstinément par des conventions socio-politiques désuètes. Vos interventions lors de cette visite laissent escompter que de l’autre côté de la Méditerranée, naisse enfin une reprise de conscience dans l’obligation du respect mutuel, qui est une condition indiscutable et une garantie de bonne foi dans les rapports d’Etat à Etat. Votre dense parcours politique et votre actuelle fonction à la tête de l’Association Amitié France-Algérie, permettent de croire en votre engagement déclaré, de faire parvenir très fidèlement aux plus hautes instances de votre pays, les positions des officiels, des journalistes et des acteurs de la société civile algérienne. Agir bien, ne requiert aucune investiture, dit-on.



