Crise de l’eau: quand la pénurie révèle une faillite de gestion

Depuis plus d’une semaine, presque tous les quartiers de la ville de Mostaganem subissent des coupures d’eau répétées. Une situation alarmante qui met en cause non pas le manque d’infrastructures, mais une gestion défaillante et un manque criant d’anticipation. La crise de l’eau qui frappe actuellement la ville n’est ni soudaine ni exceptionnelle. Elle s’inscrit dans une série de dysfonctionnements récurrents qui affectent l’approvisionnement en eau potable depuis plusieurs années. Cette fois encore, les habitants se retrouvent privés d’un service essentiel, parfois pendant plusieurs jours, avec des répercussions graves sur leur quotidien. Ce qui alimente l’incompréhension et la colère de la population, c’est l’existence d’infrastructures censées prévenir ce type de pénurie. La wilaya de Mostaganem dispose en effet d’une station de dessalement ainsi que de barrages destinés à sécuriser les ressources hydriques. Pourtant, malgré ces équipements coûteux, l’eau continue de manquer dès que survient un événement climatique inhabituel, qu’il s’agisse de sécheresse ou, comme récemment, de fortes pluies. Les responsables de l’ADE justifient la situation actuelle par les précipitations abondantes qui auraient charrié de la boue, salissant l’eau et compliquant son traitement. Une explication qui peine à convaincre. Les pluies, loin d’être imprévisibles, font partie des réalités climatiques connues et devraient être intégrées dans les plans de gestion. Pour de nombreux observateurs, cet argument ressemble davantage à une tentative de déresponsabilisation qu’à une explication technique crédible. Au-delà des discours officiels, le problème semble profondément lié à une mauvaise gestion de l’eau. Le manque d’entretien des infrastructures, l’absence de planification à long terme et la réaction tardive face aux crises traduisent une gouvernance défaillante. Chaque épisode de pénurie est traité comme un incident isolé, sans que des solutions durables ne soient mises en œuvre pour éviter sa répétition. Les conséquences sur la population sont lourdes. La pénurie d’eau affecte l’hygiène domestique, augmente les risques sanitaires et perturbe le fonctionnement des écoles, des hôpitaux et des commerces. Les foyers les plus modestes sont particulièrement vulnérables, n’ayant pas les moyens de stocker l’eau ou de se tourner vers des alternatives coûteuses. Ce caractère répétitif de la crise renforce le sentiment d’abandon ressenti par les citoyens. D’année en année, les mêmes scènes se répètent, accompagnées des mêmes justifications et promesses non tenues. Pour beaucoup, la crise de l’eau n’est plus perçue comme une fatalité naturelle, mais comme le symptôme d’une incapacité structurelle à gérer une ressource vitale. Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à plus de transparence, de responsabilité et surtout d’anticipation. Sans une réforme profonde de la gestion de l’eau, les pénuries risquent de devenir la norme plutôt que l’exception, au détriment de la santé publique et de la dignité des citoyens.


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