Algérie, nouvel achat stratégique de blé

L’Office algérien interprofessionnel des céréales a lancé un nouvel appel d’offres international pour l’achat de 50 000 tonnes de blé tendre, destiné aux ports de Mostaganem et Ténès, avec une date limite de dépôt des offres fixée à hier, les soumissions devant rester valables jusqu’à lundi, selon Reuters. La livraison s’effectuera en quatre périodes échelonnées entre septembre et octobre, ou un mois plus tôt si le blé provient d’Amérique du Sud ou d’Australie. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à assurer la sécurité alimentaire du pays, qui importe chaque année entre 7 et 8 millions de tonnes de blé, alors que la production nationale de blé dur atteint seulement 3,17 millions de tonnes. Selon le ministère de l’Agriculture, les superficies ensemencées en céréales pour la saison 2025-2026 s’élèvent à 2,9 millions d’hectares, avec une progression de la production prévue à 3,2 millions de tonnes (USDA, 2025). Malgré cette hausse, les importations restent indispensables pour combler un déficit structurel. Dans ce contexte, l’Algérie suit les cours mondiaux de près. Sur Euronext, le blé a dépassé les 190 €/t vendredi dernier, poussé par la baisse de l’euro et les conséquences de la guerre en Ukraine, tandis que l’Arabie Saoudite a lancé un appel d’offres pour 595 000 tonnes de blé meunier, renforçant la pression sur le marché, rapporte terre-net. Le blé de la mer Noire reste néanmoins moins cher que celui d’Europe occidentale, limitant le potentiel de hausse à long terme, relaye Trading Economics. Pour l’Algérie, ces appels d’offres répétés témoignent d’une gestion proactive : outre l’achat de blé, le gouvernement a mis en place des mécanismes pour sécuriser les filières locales, augmenter les prix d’achat pour les agriculteurs et imposer la livraison des récoltes aux coopératives locales, afin de garantir un approvisionnement stable en céréales malgré les aléas géopolitiques. Ainsi, entre une production nationale insuffisante, des stocks à renforcer et des prix mondiaux fluctuants, le dernier appel d’offres de l’OAIC illustre la stratégie de l’Algérie pour maintenir la sécurité alimentaire, tout en restant sensible aux tensions sur les marchés internationaux du blé.


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