L’OPEP aborde l’année 2026 avec un discours de confiance mesurée, dans un marché pétrolier ballotté entre recompositions commerciales, incertitudes géopolitiques et arbitrages politiques américains. Son dernier rapport mensuel confirme une production en légère hausse en décembre, à 28,56 millions de barils par jour, tout en maintenant inchangées ses prévisions de demande mondiale, attendue en progression de 1,38 million de barils par jour en 2026, puis encore solide en 2027. Cette stabilité des perspectives masque toutefois de profonds mouvements sous la surface. En Asie, l’Inde illustre ce jeu de chaises musicales. Les importations de brut russe, longtemps dopées par des rabais massifs depuis le début de la guerre en Ukraine, ont chuté en décembre à leur plus bas niveau depuis deux ans. Résultat immédiat : la part de l’OPEP dans les achats indiens a bondi à plus de 53 %, un sommet en onze mois. Si la Russie reste le premier fournisseur de New Delhi, ce reflux souligne l’ampleur des sanctions occidentales et redonne des marges de manœuvre aux producteurs du cartel, notamment au Moyen-Orient. Sur le front de l’offre, le rapport de l’OPEP montre une hausse de la production irakienne, compensée par un net recul du Venezuela, tombé sous les 900.000 barils par jour. Un déclin loin d’être anodin, alors même que Donald Trump a décidé de remettre les États-Unis au cœur du jeu pétrolier vénézuélien. En assouplissant certaines sanctions, tout en plaçant les ventes de brut sous contrôle américain, l’administration Trump brouille les lignes : soutien affiché au maintien du Venezuela dans l’OPEP, mais mainmise politique et commerciale assumée sur ses exportations. Une stratégie qui pourrait, à terme, remodeler l’équilibre interne du cartel. La géopolitique continue aussi de dicter le tempo des prix. Après avoir grimpé de près de 10 % en quelques séances sur fond de tensions en Iran, le Brent et le WTI ont brutalement corrigé, retombant autour de 60 dollars le baril, les propos de Donald Trump sur une désescalade à Téhéran ayant fait retomber la prime de risque. Le détroit d’Ormuz reste dans tous les esprits, mais le marché, pour l’heure, parie sur l’évitement du pire.



