A l’approche des prochaines échéances électorales, la scène politique algérienne connaît une nette montée en intensité. Partis du pouvoir comme formations de l’opposition, tous sont engagés dans une phase de réorganisation et de mobilisation, cherchant à adapter leurs discours et leurs stratégies à un contexte marqué par la défiance citoyenne et la demande pressante de résultats concrets. Dans ce paysage en recomposition, chacun tente de se repositionner pour peser dans un scrutin présenté comme déterminant. Au FLN, la préparation électorale s’appuie sur une profonde remise en ordre interne. Après une longue opération de restructuration de ses bases et de ses instances, la Direction, conduite par Abdelkrim Benmoubarek, affirme avoir tourné la page des conflits internes pour ouvrir une nouvelle séquence, centrée sur le rassemblement et la mobilisation durable. Le parti mise sur un discours à forte charge symbolique, axé sur l’unité nationale, le renforcement de la conscience politique et le retour à une présence de terrain, dans l’objectif affiché de restaurer la confiance des citoyens et de préserver sa place dans l’équation politique nationale. Le RND adopte, pour sa part, une approche plus pragmatique. Sous la conduite de Moundir Bouden, le parti présente les élections comme un outil au service du développement et de la correction des déséquilibres sociaux et territoriaux. Tout en affichant son soutien aux initiatives jugées positives de l’exécutif, le RND revendique une posture nuancée, refusant un alignement automatique. Sa stratégie repose sur la présentation de candidatures ancrées dans les réalités locales, capables de répondre aux préoccupations concrètes des citoyens. Dans la mouvance islamiste, le Mouvement El-Bina de Abdelkader Bengrina poursuit une ligne d’alignement assumée sur la stabilité institutionnelle. Le parti plaide pour la constitution d’un large socle politique national favorable à l’exécutif et concentre ses efforts sur les élections législatives et locales, perçues comme essentielles pour renforcer son influence et s’inscrire durablement dans le jeu institutionnel. Du côté de la mouvance démocratique, le FFS, le RCD et le PT ont fait le choix de la participation, actant la fin du boycott. Le FFS privilégie une préparation structurée autour du dialogue national et des réformes politiques, le RCD mise sur la formation et l’engagement de la jeunesse, tandis que le PT inscrit son action dans la défense des libertés et de la justice sociale. Reste que l’effervescence actuelle devra se traduire, le moment venu, par des programmes clairs et crédibles, seul moyen de restaurer durablement la confiance citoyenne.



