Selon les prévisions du Conseil national des Assurances (CNA), la production globale du marché des assurances pourrait atteindre 196,3 milliards de dinars y compris les Acceptations Internationales estimées, soit une croissance annuelle évaluée à 6%. Désormais, le Réassureur algérien est interpellé à la faveur de la LF 2026 à jouer un rôle central et structurant à la fois, non seulement dans la mobilisation des capacités mais aussi dans la responsabilité de veiller à l’application effective de cet article, sans exclusion, sans discrimination, et dans un esprit d’équité entre l’ensemble des acteurs du marché, publics comme privés. La loi a été signée par le Président Tebboune et est rentrée en vigueur début janvier 2026. Pour ce qui est du volet relatif aux Assurances en Algérie, les dispositions de ladite loi font références à la coassurance locale. En effet, l'article 154 de ladite loi marque un tournant structurant pour l’assurance en Algérie, estime le PDG d'Alliances Assurances. Il s'agit, selon lui, d'une avancée majeure pour le secteur des assurances, eu égard à l'impérative nécessité de rendre obligatoire le recours à la coassurance locale, auprès des entreprises d’assurances agréées en Algérie, pour les assurances obligatoires comme facultatives des entreprises publiques, économiques et assimilées. Cette disposition revêt une importance stratégique à plusieurs niveaux, affirme Hassen Khelifati. Elle permet de faire participer l’ensemble des compagnies d’assurance algériennes aux risques nationaux, en mobilisant en priorité les capacités de réassurance nationale, avant tout recours à la réassurance internationale pour les excédents. Cette disposition contribue à réduire significativement les transferts de devises à l’étranger liés à la réassurance. Elle favorise la montée en expertises et en compétences de toutes les compagnies de la place, appelées à intervenir sur les grands risques industriels, en assurance facultative comme obligatoire. Elle renforce, selon lui, l’utilisation optimale des capacités nationales, au service de l’économie réelle. La compagnie Alliance Assurances qu'il dirige, cette décision stratégique est salutaire et les textes réglementaires d’application consacrent pleinement l’absence de toute exclusive, l’égalité entre assureurs publics et privés et la possibilité pour toute compagnie algérienne qui le souhaite et qui en a la capacité, même à hauteur de parts modestes, de participer à la couverture des grands risques nationaux. Hassen Khelifati conclut que dans une étape ultérieure, cette approche pourrait être étendue aux grands groupes privés nationaux, afin qu’eux aussi privilégient la coassurance nationale avant le recours aux marchés internationaux. Rappelons que la LF 2026 adoptée par les deux Chambres parlementaires prend en charge la dimension sociale et humaine et consacre une augmentation significative des budgets alloués aux Fonds de lutte contre le cancer et d'urgence médicale (plus de 156 milliards de DA au total) concernant le volet santé. A ce titre, la Sécurité Sociale contribuera à hauteur de 170 milliards de DA aux hôpitaux publics. Pour ce qui est des métaux précieux, une soumission à un droit de 30% et obligations renforcées pour les professionnels (agrément, lutte anti blanchiment). Pour ce qui est de la fiscalité et des fraudes, des sanctions pénales sont accordées aux fraudeurs plus sévères pour la fraude fiscale, indépendamment du montant éludé. La loi de Finances 2026 cherche à financer les priorités nationales dans le cadre du filet social, sans peser sur le pouvoir d'achat des ménages algériens, rappelant que les dépenses budgétaires sont estimées à 17.636,7 milliards de Da pour 2026, tandis que les recettes devraient atteindre 8.009 dinars.
LF 2026. Le recours à la coassurance locale pour les risques nationaux
- par Nadira FOUDAD
- Le 09 Janvier 2026
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