L’OPEP+ garde le cap malgré le chaos

Huit membres de l’OPEP+, Arabie saoudite, Russie, Émirats arabes unis, Kazakhstan, Koweït, Irak, Algérie et Oman, ont décidé dimanche de maintenir la pause dans l’augmentation de leur production pétrolière pour le premier trimestre 2026, selon une source proche du groupe (Reuters). Une décision qui reflète une stratégie de prudence face à un marché secoué par des crises politiques majeures et une surabondance d’offre. Après un plongeon historique de plus de 18% des prix du brut en 2025, la pire année depuis 2020, l’OPEP+ montre qu’elle privilégie la stabilité. «Les marchés pétroliers sont aujourd’hui moins dictés par l’offre et la demande que par l’incertitude politique», note Jorge Leon, responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad Energy et ancien cadre de l’OPEP. Cette prudence survient alors que la géopolitique s’emballe: tensions entre Riyad et Abu Dhabi autour du Yémen, sanctions pesant sur la Russie et manifestations en Iran. Et samedi, les États-Unis ont capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro. Donald Trump a annoncé que Washington prendrait le contrôle du pays jusqu’à une transition politique. Pourtant, l’impact sur le marché reste limité. Le Venezuela, malgré ses réserves record de 303 milliards de barils, voit sa production tomber à 1,1 million de barils par jour après des années de mauvaise gestion et de sanctions. «Toute reprise nécessiterait des investissements massifs et des années de travail», rappelle Giovanni Staunovo d’UBS à AP. Patrick De Haan, expert chez GasBuddy, souligne que l’infrastructure pétrolière «se dégrade depuis longtemps et devra être reconstruite». Même Phil Flynn, du Price Futures Group, optimiste, nuance: «Si le Venezuela devient une puissance de production, cela pourrait stabiliser les prix à long terme et mettre plus de pression sur la Russie» Mais pour l’instant, le surplus mondial d’or noir limite toute flambée du baril. L’OPEP+, qui assure près de la moitié de la production mondiale, reste fidèle à sa stratégie historique: privilégier le marché sur les différends politiques. La prochaine réunion des huit pays est prévue le 1er février 2026, et les yeux resteront rivés sur Caracas et Téhéran où l’incertitude continue de peser sur la stabilité énergétique mondiale.


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