Les clients des banques devront dorénavant diminuer le liquide. Réduire le niveau des risques potentiels de blanchiment et ses origines est, en effet, le nouveau leitmotiv des autorités financières algériennes. Toutefois, les clients présumés «à faible risque» seront prémunis de la mesure qui impacte les versements en espèces, pour ne pas pénaliser toutes les transactions ou investissements. C’est donc acquis. A partir du 1er janvier 2026, les dépôts en cash seront quasiment interdits, sauf dans des cas exceptionnels liés à l’activité du client. Dans ce registre, la Banque d’Algérie serre la vis, en accordant aux clients détenteurs de comptes commerciaux, un délai d’un mois afin de se conformer aux nouvelles règles. Tout compte fait, la Banque d’Algérie met en œuvre un encadrement strict des dépôts en espèces sur les comptes commerciaux, à compter de ce 1er Janvier. Seulement voilà, qu’en sera-t-il des opérateurs n’ayant pas, par omission ou méconnaissance, souscrit aux dépôts en cash dans leurs comptes? Pour accompagner les clients dans cette transition, elle accorde un délai d’un mois, permettant de réduire progressivement le recours au cash et de favoriser les moyens de paiement scripturaux, notamment le chèque. La Banque d’Algérie avait, rappelons-le, publié le 22 décembre 2025, la note n°02/DGIG/2025, rappelant l’obligation pour les banques d’appliquer un devoir de vigilance fondé sur une approche par les risques et limitant les dépôts en espèces dans les comptes commerciaux. Ces mesures s’inscrivent dans une politique de prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Ainsi, la récente mise en application de la note visant la justification de l’origine des fonds déposés en espèces, sur les comptes commerciaux, a pour finalité d’établir la traçabilité de l’origine, de la circulation et de la finalité des dépôts en cash des clients, dans un souci légitime de prévenir les manœuvres ou transactions frauduleuses sur les comptes bancaires. Ce qui constitue une démarche de renforcer encore mieux la vigilance et la lutte contre le blanchiment d’argent, ce phénomène très répandu à l’échelle mondiale, depuis voilà les années 1990, avec toutefois l’importance de veiller, à ne pas sanctionner ou verrouiller l’inclusion financière des clients à faible risque. La réunion de clarification tenue le 30 décembre 2025 au siège de la Banque d’Algérie a précisé les modalités concrètes de cette transition. Les clients peuvent, ce faisant, effectuer des dépôts en espèces, correspondant à leurs recettes pendant un mois, à compter du 1er janvier 2026. Ces dépôts doivent suivre une courbe descendante continue, incitant les clients à diminuer progressivement le liquide. L’utilisation de moyens de paiement scripturaux, comme le chèque, doit débuter dès le premier jour. À partir du 1er février 2026, les dépôts en espèces seront interdits. Sauf dans des cas exceptionnels et justifiés, strictement liés à l’activité du client. Cette période transitoire vise à éviter toute rupture dans les opérations commerciales et à faciliter l’adaptation des clients aux nouvelles exigences. Le monde économique et celui des affaires en Algérie vivent une certaine embellie non sans soupçons qui pèsent parfois sur l’origine et la provenance des fonds. Il s’agit en clair de faire en sorte que les fonds versés dans des investissements notamment privés et des transactions ne compromettent pas l’économie. La Banque d’Algérie insiste sur la nécessité pour les banques d’appliquer rigoureusement les mesures de vigilance. Limiter les dépôts en espèces pour les clients et opérations à risque élevé. Vérifier la cohérence des opérations avec le profil du client et les informations détenues par les établissements bancaires. Respecter les textes réglementaires relatifs à la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme et assurer que ces obligations ne constituent pas un frein à l’inclusion financière des clients présentant un faible risque. Cette démarche confirme la volonté de la Banque d’Algérie de moderniser le système bancaire en Algérie, tout en sécurisant les transactions commerciales et en favorisant une transition progressive vers des moyens de paiement plus transparents. Avec un délai d’un mois accordé à compter de ce 1er janvier 2026, la Banque d’Algérie met les clients devant la nécessité d’adopter rapidement les paiements scripturaux. Enfin, les dépôts en espèces resteront possibles uniquement dans des situations exceptionnelles et justifiées, marquant ainsi un changement notable dans le fonctionnement des comptes commerciaux en Algérie.
Les dépôts en espèces interdits à partir du 1er février. Le blanchiment d'argent aux abois
- par B. Habib
- Le 02 Janvier 2026
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