L’Afrique n’est pas un passé qu’on pleure, mais un avenir qu’on bâtit avec la mémoire pour racine et la dignité pour flamme.
Béni Emmanuel BAYIS-BAKANA
C’est toujours à Alger la blanche que les grandes décisions ont été prises. C’est à Alger la forteresse de la résistance, que les révolutionnaires du monde entier viennent défendre leurs causes justes. C’est notamment à Alger que les démunis du monde entier viennent demander leurs droits. Et c’est normal, qu’afin de réclamer leur souveraineté pharmaceutique les africains devaient se réunir à Alger, capitale de l’Afrique …et c’est à Alger qu’une déclaration a eu lieu hier. Cette dernière devait fixer un nouveau cap qui, selon le rapport de l’APS «constituera une plateforme commune pour renforcer la souveraineté sanitaire du continent, à travers l'unification des efforts visant à développer l'industrie pharmaceutique africaine et à réduire la funeste dépendance à l'importation». Côté ambiance, elle était impeccable cette conférence africaine tenue sous l’égide de l’OMS.. Maintenant, ça reste à vérifier quant à l’aspect pratique et la mise en exécution des recommandations au sujet desquels les représentants africains s’étaient mis d’accord. Serions-nous capables de créer notre propre système pharmaceutique africain ? C’est la phase pratique qui va affirmer ou infirmer cette démarche. C’est-à-dire, mettre cette volonté africaine collective à l’épreuve d’une concurrence mondiale où les trop puissantes et riches trustes monopolisant le secteur des médicaments ne vont pas se laisser faire. Et pourtant ! Il a fallu le faire ! il n’est pas question que l’on reste toute une existence continuer d’acheter ses médicaments de l’étranger... Et, quel étranger !? Cela était compréhensible ou à la rigueur justifiable, il y a un demi-siècle quand le continent gisait encore sous les coups durs du sous-développement et l’analphabétisme…le médicament se place en seconde position, en matière d’importance vitale pour une nation, et ce, juste après la sécurité alimentaire. Toute dépendance de l’étranger en matière de produits pharmaceutiques pourrait s’avérer fatale pour la sécurité du pays en cas de conflits. Même en situation de paix, la facture des médicaments est toujours exorbitante !! Et les pays africains ne sont pas tous suffisamment riches pour se laisser «sous la clémence» des grands labos étrangers…sur le plan démographique, le continent noir, a dépassé le un milliard et demi d’habitants…nous sommes donc loin de cette Afrique qui venait tout juste de se libérer du joug colonial…



