Visite du ministre des Industries pharmaceutiques à Sidi Bel-Abbès. L'Algérie se positionne en hub pharmaceutique régional

L'industrie pharmaceutique algérienne est à un tournant décisif. Lors d'une récente visite de travail et d'inspection effectuée, ce jeudi, dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, le ministre des Industries pharmaceutiques, Wassim Kouidri, accompagné du premier responsable de l'exécutif, Kamel Hadji, du P/APW et des autorités locales, a dévoilé une stratégie ambitieuse, visant à transformer le pays en un pôle de production et d'exportation de médicaments innovants. Cette nouvelle orientation s'appuie sur la fabrication de matières premières et la conquête des marchés internationaux. Au cœur de cette stratégie, l'annonce de la création d'une usine de production de matières premières à Sidi Bel-Abbès marque une étape majeure. Cette infrastructure dont le terrain est ouvert aux entreprises publiques et privées détenant un certificat d'enregistrement international, vise à réduire la dépendance aux importations et à garantir la souveraineté sanitaire du pays. Cette initiative s'inscrit dans un plan plus large. Trois projets similaires devraient être achevés d'ici la fin de l'année, ce qui permettrait à l'Algérie de devenir le premier pays africain à produire ses propres matières premières pharmaceutiques. Le ministre a précisé qu'une centaine de produits pharmaceutiques seront fabriqués à partir de ces matières premières au cours des 30 prochains mois, dans l'objectif de réduire considérablement la facture d'importation. Avec 218 usines de production, soit 25% du total des unités en Afrique, l'Algérie dispose d'un potentiel de production excédentaire. Cette capacité pousse désormais les acteurs du secteur à se tourner vers la fabrication de médicaments innovants. Le ministre a souligné que le pays possède toutes les potentialités, y compris les capacités de production et l'énergie nécessaire, pour réussir cette transition. Un autre objectif majeur est d'obtenir le certificat de maturité de niveau 3 de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'examen est prévu pour la fin du mois de septembre. Ce label de qualité international permettra à l'Algérie d'exporter ses produits pharmaceutiques vers les pays africains et d'autres marchés internationaux. En attendant d'atteindre la pleine capacité de production, l'importation de médicaments et de matières premières se poursuivra, notamment pour garantir l'approvisionnement des patients atteints de maladies chroniques comme le cancer. La visite du ministre a également été l'occasion de faire le point sur la production d'oxygène médical et industriel. M. Kouidri a affirmé que l'Algérie a atteint l'autosuffisance dans ce domaine, tirant les leçons de la pandémie de COVID-19. Il a visité l'entreprise algéro-allemande "Linde Gas", un acteur clé qui approvisionne 15 wilayas de l'ouest du pays et d'autres régions limitrophes en oxygène et autres gaz médicaux et industriels. Le ministre a également visité l'unité de production "Tabet Pharm", spécialisée dans les médicaments solides. En plus de ses objectifs de croissance (passant de 40 à 150 employés d'ici 2027), cette entreprise a mis en place un partenariat avec l'Institut national spécialisé de l'enseignement et de la formation professionnels pour former de futurs talents, soulignant ainsi l'importance de la collaboration entre l'industrie et le secteur de l'éducation.


ads