Le Carrefour de Mostaganem

La «Matmora». Un mode de conservation ancestral

Par H. Med Soltane

Le mot «Matmora» vient de l’arabe, dérivé du verbe, toujours en arabe, «tamara», qui signifie ensevelir, enterrer. Cela reflète bien le principe : enterrer les céréales pour les protéger. C’était un lieu de conservation des denrées agricoles, en particulier les céréales, dans les zones rurales sans infrastructure moderne. Elle permettait d’éviter les pillages, l’humidité, les nuisibles et les variations de température. Ce mode de stockage a été utilisé depuis l’Antiquité berbère, repris ensuite par les civilisations arabes, puis transmis de génération en génération. Sa forme était comme un puits circulaire ou ovale de 1 à 2 mètres de diamètre, de 2 à 4 mètres de profondeur, parfois plus creusé dans un sol argileux ou de calcaire. Des parois souvent enduites d’argile, parfois tapissées de paille ou de chaux pour l’isolation. Le silo était hermétiquement fermé avec un couvercle en pierre ou en bois, parfois recouvert de terre et dissimulé pour le camouflage. La Matmora dans les campagnes de Mostaganem : Dans les douars et hameaux de l’arrière-pays mostaganémois (vers Mazouna, Oued El Kheir, Aïn Nouissy, Ouled Boughalem...), les Matmorates étaient très répandues : Chaque famille paysanne ou clan tribal possédait une ou plusieurs Matmorates communautaires ou privées. Pendant les récoltes, on y stockait les excédents en vue des périodes de soudure, ou pour protéger les semences pour la saison suivante. Ces silos souterrains étaient aussi stratégiques en temps de guerre ou de famine, notamment pendant la colonisation où la population cachait les réserves face aux razzias ou aux réquisitions. La Matmora symbolise l’ingéniosité des sociétés rurales traditionnelles pour s’adapter à un climat aride et aux aléas socio-politiques.
Elle représente un savoir-faire ancestral en voie de disparition, car remplacée aujourd’hui par des silos métalliques ou des entrepôts modernes. Certaines Matmorates encore visibles sont abandonnées, oubliées ou menacées par l’érosion.

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Toilettes publiques. Un besoin absolu pour le confort des touristes

Par Y. Zahachi

Ces dernières années, les autorités de Mostaganem ont déployé des efforts colossaux pour peaufiner l’image touristique de la wilaya. La vision du wali, Mr Ahmed Boudouh, est allée au-delà des aspirations des citoyens se projetant sur un aspect économique créant ainsi richesse et emploi. Comme les années précédentes, cette saison estivale sera marquée par une affluence record car avec 57 plages ouvertes, le tourisme balnéaire apportera ses fruits. De grands projets d’aménagement ont eu lieu sur des plages telles que les "Sablettes" et la "Salamandre", à titre d’exemple. De ce fait, tous s’accordent à dire qu’il est paradoxal de réaliser de grands aménagements touristiques sur les façades maritimes sans prévoir d'infrastructures sanitaires telles que des toilettes publiques. Cependant, des citoyens, visiteurs et estivants ont pu remarquer qu'il y a absence de toilettes publiques devant répondre aux besoins physiologiques impérieux des personnes. Cette absence nuit à l'expérience des visiteurs, impacte l'environnement et peut même être source de problèmes d'hygiène publique. Voici pourquoi il est essentiel de considérer les toilettes publiques comme un élément indispensable des aménagements touristiques pour le confort et la satisfaction des visiteurs. Des toilettes publiques accessibles et propres améliorent significativement le confort des touristes et leur expérience globale, les incitant à revenir. Côté préservation de l'environnement, il faut considérer que le manque de toilettes publiques peut entraîner des déjections sauvages, polluant l'environnement, notamment les plages et les eaux, et nuisant à la qualité du paysage. En matière d'hygiène et santé publique, le manque d’installations sanitaires inadéquates peut engendrer des problèmes d'hygiène et de santé publique, surtout dans les zones touristiques très fréquentées. L’image de marque n'est pas à sous-estimer car une station balnéaire qui néglige les besoins sanitaires de ses visiteurs donne une mauvaise image et peut dissuader les touristes. En termes d'aspect économique, un tourisme de qualité, basé sur le confort et la satisfaction des visiteurs, favorise un développement économique durable de la région. En somme, l'absence de toilettes publiques dans un aménagement touristique est une erreur stratégique qui peut avoir des conséquences négatives sur le plan environnemental, sanitaire et économique. Il est donc primordial de les intégrer dès la conception des projets d'aménagement des façades maritimes.

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BAC 2025. L’excellence au rendez-vous malgré un recul du taux de réussite

Par L. Hagani 

Le verdict du baccalauréat 2025 est tombé. Avec un taux de réussite de 54,22 %, la wilaya de Mostaganem enregistre une baisse notable par rapport à l’année précédente (60,56 %). Un recul qui soulève des interrogations, mais qui ne doit pas occulter des parcours individuels d’exception, incarnés par des élèves et établissements qui ont su tirer leur épingle du jeu. Malgré un contexte général en demi-teinte, certains établissements se sont illustrés. C’est le cas du lycée Charef Maârouf de Fornaka, qui s’impose en tête du classement local avec un taux de réussite impressionnant de 83,33 %. Ce résultat témoigne d’un encadrement pédagogique solide et d’un engagement collectif.

Une moyenne exceptionnelle de 19,11 pour une élève rurale
La révélation de cette session vient sans conteste de Khaloua Benadri, élève en filière technique mathématiques au lycée Ahmed Mehdaoui de Sidi Lakhdar. Originaire d’une zone rurale, elle décroche la meilleure moyenne de la wilaya avec 19,11/20, se plaçant parmi les meilleurs bacheliers à l’échelle nationale.

Amina Benmenaour, la force de surmonter le handicap
Autre moment fort de cette édition : la réussite d’Amina Benmenaour, élève malvoyante du lycée Idriss Senoussi de Mostaganem, qui a obtenu son bac avec une moyenne honorable de 15,29/20. Première de la wilaya parmi les candidats en situation de handicap visuel, Amina incarne une leçon de courage, de résilience et de détermination.

Des réussites individuelles dans un climat d’interrogation
Si la baisse du taux global de réussite interpelle, ces trajectoires individuelles rappellent que le baccalauréat reste, avant tout, une aventure humaine. La rigueur pédagogique, le soutien familial et la volonté personnelle continuent de faire la différence, même dans un système soumis à de nombreuses pressions. Dans l’ombre des chiffres, brillent les efforts silencieux de ces jeunes qui forcent l’admiration.




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