Il fait très chaud en ces temps de disette hydrique devant la croissance de la demande sur l'eau. Il y a de quoi, cet été comme les précédents d'ailleurs, exiger pour les citoyens des quantités d'eau journalières conséquentes. La solution de prédilection consiste au recours aux colporteurs d'eau véhiculée par des camions à citerne ou aux vendeurs locaux. Mais que faire quand l'eau proposée ne répond pas aux critères définis préalablement par l'autorisation sanitaire remise par les services d'hygiène des APC aux colporteurs? Quels sont les risques de l’utilisation par les citoyens de l'eau colportée? Certains colporteurs ou vendeurs ont tendance à s'en approvisionner à partir de l'eau de surface non traitée, des puits creusés ou des forages illicites non contrôlés alors qu'en pareille circonstance et en période faste de demande exponentielle sur l'eau, les colporteurs devraient plutôt songer à utiliser seulement les sources d'eau autorisées pour éviter tout risque d'intoxication alimentaire ou de contamination. La qualité de l'eau, distribuée par les camions à citernes mobiles, est devenue le sujet numéro un des consommateurs durant la saison de chaleur. Ces camions n'arrêtent pas de sillonner quartiers et cités des villes pour servir les citoyens mais combien parmi eux sont-ils réellement agréés et sincères? L’Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE) vient d'attirer l'attention des pouvoirs publics et des citoyens sur l'expansion frénétique de cette pratique, tirant de ce fait la sonnette d’alarme. Dans un communiqué officiel, elle met en garde contre la consommation d’eau provenant de ces véhicules qui ne respectent pas les normes de sécurité sanitaires. Ces dernières années, les services sanitaires avaient signalé des cas d'hépatite due à l'utilisation de l'eau provenant de ces camions parfois mal entretenus ou desservant de l'eau hors normes. L'eau transportée sans autorisation éveille souvent les soupçons sur la probabilité de sa contamination. Pouvant contenir des métaux lourds, des substances chimiques toxiques ou encore des agents biologiques pathogènes, elle représente ainsi un facteur potentiel de risque sanitaire. Ainsi, selon l'APOCE, une consommation régulière ou prolongée peut entraîner des troubles digestifs graves, des diarrhées, voire des maladies chroniques ou cancéreuses. Le risque est d’autant plus élevé qu’on voit que certains camions-citernes ont la réputation d'opérer à l'ombre de la réglementation, souvent sans permis ni contrôle sanitaire ou technique, aggravant ainsi les cas d'atteinte de maladies en tous genres en période estivale, symbolisant une convoitise inégalable sur l'eau saine, propre et consommable. Les dispositions régissant l’approvisionnement en eau potable via citernes sont fixés par le décret exécutif N° 08-195. Ce texte définit en effet les conditions techniques et sanitaires pratiques pour l’exercice de cette activité. Les résultats d’analyses physiques, chimiques et bactériologiques d’un laboratoire agréé, la certification médicale du conducteur de la citerne, la peinture intérieure anti-corrosion, les robinets sanitaires spécifiques et ouvertures hermétiques, le nettoyage et désinfection réguliers de la cuve et le permis d’activité n’est délivré que dans des cas exceptionnels comme par exemple lorsque certains quartiers ne sont pas desservis par le réseau public ou lors de pannes ou coupures d’eau temporaires. De plus, le détenteur du permis est tenu de le présenter à la demande des citoyens. L’Organisation algérienne de protection du consommateur appelle les citoyens à la plus grande prudence. Elle encourage chacun à exiger la présentation du permis de distribution auprès des opérateurs de citernes. En cas de doute ou de constat de non-conformité, il est possible de signaler ces pratiques illégales en appelant le numéro 3311. Le pays connaît des épisodes récurrents de stress hydrique. Cependant, les pratiques de certains opérateurs indélicats ne devraient pas aller à contre-courant du bon sens qui veut que la santé de l’individu ne doive pas être compromise par la consommation de quelques mètres cubes d'eau impropre. L’APOCE lance enfin un appel à la responsabilité collective: autorités locales, consommateurs ainsi que distributeurs autorisés qui doivent conjuguer leurs efforts pour garantir une distribution d’eau saine, réglementée et sécurisée.
Certains colporteurs d'eau ne respectent pas les normes sanitaires. Les mises en garde de l'APOCE !
- par B. Habib
- Le 13 Juillet 2025
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