Pour preuves, 968 magistrats sont en attente de voir leur sort scellé, selon le Syndicat des magistrats que nous avons joint par téléphone. Il nous a confirmé l'information, sans plus de détails. Néanmoins, le SG du SNM, Maître Haoudedj, a également confirmé que lors de la rentrée judiciaire, des mouvements dans les rangs des magistrats sont prévus. Il s'agit incontestablement de quelques fins aux fonctions de certains et de la mutation d'autres, selon des sources concordantes. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a entériné un mouvement, lundi dernier, lors de la 1ère réunion de sa session ordinaire qui s’est tenue au siège de la Cour suprême, à Alger. La rentrée judiciaire promet d'être plus active après la nomination de l'ex-juge et sénatrice du tiers présidentiel, Madame Leila Aslaoui, comme présidente du Conseil Constitutionnel. Il est attendu un vaste mouvement de changements, de mutations et de fin de fonctions de certains, devant la complexité des dossiers qui pourront être traités au niveau des juridictions, eu égard au contexte de mutation avec l'apparition de nouveaux dossiers surtout ceux des kidnappings d’enfants, des meurtres et crimes punis et réprimés par le code pénal et le code de procédure pénale qui vient d'être amendé encore une fois par les deux Chambres parlementaires. En effet et acculé par les députés, le Garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, avait promis de répondre aux doléances des robes noires car, selon ses propos tenus en plénière, il a rassuré de «prendre en charge les préoccupations des magistrats», lors de sa rencontre avec les membres du bureau exécutif du Syndicat national des magistrats (SNM). Rappelons que Lotfi Boudjemaa avait déjà promis aux concernés qui le critiquaient pour leur marginalisation et la non association dans l'élaboration du code de procédures pénales, soumis au niveau des deux Chambres parlementaires qu'il veillerait à venir à la rescousse des concernés. Le ministre avait également réaffirmé «sa pleine disposition à ne ménager aucun effort et à engager toutes les démarches nécessaires, en vue de promouvoir le secteur de la justice et prendre en charge les préoccupations des magistrats, conformément aux directives du Président de la République, Président du CSM lors de l’ouverture de l’année judiciaire. Tant que le statut de la magistrature n’a pas été promulgué, je n’ai rien à dire sur le mouvement». Il est important de souligner que depuis 2022, le SNM n’a pas cessé d’appeler à «la nécessité de faire sortir le projet de loi portant statut de la magistrature des tiroirs et d’en faire la priorité du secteur». Le Conseil de la magistrature «ne peut exercer pleinement sa mission» s’il ne s’appuie pas sur les deux lois organiques, celle relative au statut des magistrats membres du CSM, promulguée en 2022 et le statut de la magistrature, toujours en attente d’examen et de promulgation.
En prévision de la prochaine rentrée judiciaire. Le secteur de la Justice opère sa mue
- par Nadira FOUDAD
- Le 11 Juillet 2025
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