Nouvelle phase dramatique et pénurie alimentaire chronique. Ghaza au bord du gouffre

Le ramadhan 2025 particulièrement meurtrier et chaotique a été le mois de tous les risques à Ghaza. Israël est certes passée à une nouvelle offensive anti alimentaire mais de là à franchir le tollé dès le premier jour de la fête sacrée des musulmans, c’est de l’intolérable et de violations flagrantes aux conventions et chartes religieuses universelles. Il n’y a plus de nourriture, pas de carburant et aucune aide n’est acheminée, prévient d’ores et déjà le PAM principal convoyeur des commerces de la bande alors que l’ONU signale, de son côté, que les réserves d’aides alimentaires seront épuisées dans leur totalité dans deux semaines. Presque toutes les boulangeries du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies de la bande de Ghaza ont mis la clé sous le paillasson pour cause de rupture du stock de farine, ce qui a mis les autochtones et toute la région dans des conditions alimentaires pour le moins inextricables notamment le premier jour de l’Aïd Al Fitr. Un premier jour de fête sanglant où les Palestiniens de l’enclave se sont réveillés à l’aube comptant plus de 100 morts sous les raids israéliens intenses et morbides. La bande de Ghaza vit au gré d’une multitude de privations alimentaires et humanitaires qui ne disent par leur nom suite à l’escalade de la «guerre de faim» orchestrée en toutes pièces par Israël afin de paupériser davantage la population et la contraindre à quitter définitivement la bande dans le cadre du plan machiavélique et diabolique de Netanyahu consistant à récupérer Ghaza pour la poursuite de son sordide processus d’extension des colonies juives. Une nouvelle phase de la guerre d’Israël dans l’enclave marquée toutefois par une pénurie alimentaire atteignant des niveaux alarmants. Selon Al Quds, tous les fours à pain de l’enclave sont à l’arrêt, faute de farine et de carburant, une conséquence directe du blocus israélien qui étrangle l’approvisionnement. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une alerte urgente. «Une famine aiguë menace la population si rien n’est fait dans les heures ou les jours à venir» a-t-il asséné. Les autorités locales, dirigées par le Hamas, ont dénoncé une «famine organisée» par Israël. L’État hébreux cherche en effet à affamer délibérément les 2,3 millions d’habitants. A Ghaza, les chaînes d’attente devant les très rares points de vente encore actifs s’allongent. Les stocks de farine s’amenuisent progressivement. Des centaines de familles sont restées sans ressources pour se nourrir. A cette guerre de la faim s'ajoutent les violences au quotidien auxquelles font face les Palestiniens de surcroît pendant les jours de l’Aïd. Dans les dernières 24 heures, 42 Palestiniens ont été tués et 183 blessés dans des frappes israéliennes, selon les chiffres rapportés par Al Quds. Parmi les victimes figure Mohammed al-Bardawil, un journaliste connu, tué avec ses trois enfants lors d’un bombardement nocturne à Khan Younès. L’UNICEF pour sa part a signalé une hausse alarmante de la mortalité infantile, liée à la malnutrition qui s’aggrave d’heure en heure, un drame qui touche les plus jeunes dans un silence assourdissant. Pendant ce temps, en Cisjordanie, l’actualité est dominée par une nouvelle offensive coloniale israélienne. Ce 2 avril 2025, les ministres Bezalel Smotrich (Finances) et Itamar Ben Gvir (Sécurité nationale) ont tenu une conférence de presse depuis la colonie de Yitzhar, relayée par Al 3arabi Al Jadid. Leur message est clair : «L’Autorité palestinienne ne gouvernera jamais la Judée-Samarie». Les deux responsables, figures de l’extrême droite, ont défendu une politique d’expansion agressive, confirmant que le cabinet israélien vient d’approuver la reconnaissance de 13 nouvelles implantations comme «colonies permanentes». Cette décision, annoncée aujourd’hui, marque une étape supplémentaire dans la consolidation de la présence israélienne en Cisjordanie, au mépris des appels internationaux à la retenue. Et comme pour ajouter de la suffisance au déshonneur, Smotrich et Ben Gvir ont vanté la destruction de 936 structures palestiniennes depuis 2010 soulignant leur détermination à poursuivre cette stratégie. La reconnaissance de ces 13 colonies permanentes, effective en ce 2 avril, est perçue comme une provocation immédiate par les Palestiniens et une partie de la communauté internationale. Al 3arabi Al Jadid rapporte que cette mesure s’inscrit dans une logique d’annexion de facto, visant à rendre irréversible le contrôle israélien sur de vastes portions de la Cisjordanie. Les bulldozers, qui ont rasé des maisons et des infrastructures palestiniennes à un rythme soutenu ces derniers mois, sont désormais soutenus par une décision officielle qui légitime l’expansion coloniale. Depuis Yitzhar, Smotrich a insisté sur la nécessité de «sécuriser la terre pour le peuple juif», tandis que Ben Gvir a promis une accélération des démolitions dans les prochains jours. Ces déclarations, prononcées aujourd’hui, ont immédiatement suscité des condamnations de l’ONU et de l’Union européenne, qui dénoncent une violation du droit international, bien que ces critiques restent sans effet concret pour l’instant. À Ghaza, l’actualité se résume à une lutte pour la survie. Le PAM a précisé que les stocks de nourriture disponibles dans l’enclave pourraient s’épuiser en 48 heures si le blocus n’est pas assoupli. Les rares camions d’aide humanitaire autorisés à passer par les points de contrôle comme Rafah sont bloqués par des inspections israéliennes interminables, selon des témoignages relayés par Al Quds. Le Hamas a appelé la communauté internationale à intervenir «avant qu’il ne soit trop tard», accusant Israël d’utiliser la faim comme une arme de guerre. Les habitants, eux, décrivent une réalité où les enfants fouillent les décombres à la recherche de restes comestibles, tandis que les prix des rares produits disponibles sur le marché noir atteignent des sommets inaccessibles pour la majorité. L’UNICEF a ajouté une note tragique à ce tableau, signalant que des nourrissons meurent chaque jour faute de lait ou de soins adéquats. La frappe qui a coûté la vie à Mohammed al-Bardawil et à ses enfants dans la nuit du 1er au 2 avril illustre la brutalité des opérations israéliennes en cours. Khan Younès, ville du sud de Ghaza, est devenue invivable car étant un point chaud des bombardements israéliens.


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