Des opérateurs économiques, notamment des importateurs de la banane, sont dans l’œil du cyclone des inspecteurs chargés de la lutte contre la répression des fraudes économiques tant les premiers éléments des « enquêtes approfondies» annoncées par le ministère de Tayeb Zitouni viennent apporter un éclairage sur l’étendue des pratiques et de la spéculation n’épargnant pas les produits alimentaires parmi les plus convoités par les citoyens durant ce ramadhan comme les fruits, les légumes en passant par les viandes rouges importées. Il est certain que la spéculation et les marges bénéficiaires excessives font l’objet d’un durcissement sans précédent des contrôles effectués et des inspections des agents de la répression des fraudes du commerce durant ce ramadhan à travers plusieurs wilayas du pays, suite aux plaintes innombrables des consommateurs et des citoyens. Durant les dix premiers jours du mois sacré, on aura en effet tout vu et tout constaté au niveau des marchés de produits alimentaires, des légumes sans épargner ceux des viandes. Mais il est un produit, plutôt un fruit, qui a soulevé une vive polémique chez les citoyens suite aux hausses de prix exagérées. Selon certaines informations, la fixation des prix de la banane s’opère en Algérie selon des méthodes opaques souvent étayées par des communications informelles entre importateurs et opérateurs afin d’influer sur les prix et la consommation pratiqués sur les marchés. Ainsi, des services de contrôle économique et de répression des fraudes relevant de la direction du commerce intérieur et de la régulation du marché de la wilaya de Tipaza, en coordination avec les éléments de la sûreté nationale et de la sécurité urbaine externe d’El Hattatba, ont effectué une descente inopinée ce dimanche au niveau du marché de gros des fruits et des légumes. Une opération conjointe d’inspection et de surveillance. Selon un communiqué des services de la direction du Commerce de la wilaya de Tipaza, l’opération s’est concentrée sur les produits connaissant une hausse injustifiée des prix. Plusieurs produits ont été ciblés par cette opération de contrôle et d’inspection inédite. Fait pour le moins étonnant et spectaculaire à la fois, son bilan s’est soldé par la saisie importante d’une quantité de plus de 26 quintaux de bananes, principalement pour infraction liée à l’absence d’inscription au registre du commerce, ainsi qu’au manque de documents de facturation prouvant l’origine de la marchandise. De quoi se poser de questions sur l’origine de telles fausses transactions qui échappent à l’économie et causent un préjudice sérieux au trésor public. Cette opération intervient dans le cadre des efforts intenses des autorités locales afin d’endiguer le phénomène des hausses injustifiées et exagérées des prix des produits de consommation de base concernés par la lutte contre la spéculation et la régulation du marché intérieur, notamment face à la multiplication des plaintes des citoyens concernant la flambée des prix de certains produits alimentaires. Le prix de la banane atteint des sommets inquiétants, frôlant les 700 DA/kg sur les étals des marchés algériens. Évidemment l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) s’est positionnée sur ce phénomène de la spéculation des prix dénonçant les pratiques opaques de certains importateurs », qu’elle rend responsables de cette flambée des prix. Dans son communiqué de samedi, l’organisation a appelé les autorités à agir rapidement pour protéger les consommateurs et rétablir l’équilibre sur le marché. Selon l’UGCAA, les grossistes et les détaillants ne sont pas responsables de cette situation. L’Union affirme que certains importateurs vendent les bananes à des prix élevés tout en imposant aux commerçants des facturations à des tarifs bien inférieurs. Cette pratique, qualifiée de «trompeuse», crée une distorsion des prix et pèse lourdement sur le portefeuille des consommateurs. «Ces manœuvres spéculatives ne sont pas nouvelles», rappelle l’UGCAA, soulignant qu’elles avaient déjà été dénoncées il y a plus d’un an. L’UGCAA a exhorté les autorités de régulation à ne pas tenir les commerçants pour responsables de ces augmentations, ni à leur infliger des amendes. «Il est temps d’identifier et de sanctionner les véritables responsables», a déclaré l’Union, appelant à une intervention urgente pour rétablir la transparence et la justice sur le marché. L’organisation a également dénoncé le système de fixation des prix par messages téléphoniques, une pratique courante parmi certains importateurs. Ces messages, envoyés quotidiennement à leurs agents, ouvriraient la porte à la spéculation et à des marges bénéficiaires excessives.
Les services de contrôle contre-attaquent contre la flambée des prix. 26 quintaux de bananes saisis
- par B. Habib
- Le 10 Mars 2025
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