Les victimes des essais français toujours pas indemnisées

Le brûlant dossier des essais nucléaires français sur le sol algérien revient à l’actualité. Ces essais, disons faits sous un alibi scientifique, avaient eu comme conséquences graves la mort et la contamination de milliers de gens, les quatre cinquièmes étaient des Algériens. C’était sous les oriflammes de ces odieux crimes commis avec préméditation que la France avait pu avoir accès en grandes pompes, au club des puissances nucléaires. Toutefois, depuis, que la question des essais nucléaires a commencé à être soulevée entre les deux pays, notamment la question des indemnisations, la partie française n’a pas laissé passer une occasion afin de tergiverser et faire le sourd. La France croyait à tort que les Algériens ne s’intéressaient qu’à l’octroi des visas et partir en France. Les Algériens se sont fait un principe depuis l’indépendance de l’Algérie, qu’avec la France, il faudrait tourner la page, mais ne jamais la déchirer. On ne déchire pas son passé fut-il aussi tragique et aussi controversé. Que les français considéraient les Algériens comme des agrégats de sous-hommes de race inférieure, dont le sang n’est pas «vengeable». C’est une très fausse idée préconçue. Selon eux, c’est la France qui a créé l’Algérie. Alors que les vérités historiques attestent tout le contraire des hallucinations chimériques françaises. Le 13 février 1960, en plein désert du grand Sahara algérien - retentissait la première explosion atomique française. «Depuis ce matin, la France est plus forte et plus fière», s'exclamait le général de Gaulle, chef de l’Etat à l’époque par télégramme. C’était la première explosion du genre qui allait ouvrir le chemin à une suite d’essais nucléaires qui aura pour théâtre, pendant six ans, notre grand Sahara. Entre février 1960 et avril 1961, quatre essais atmosphériques - c'est-à-dire des explosions à l'air libre - ont lieu sur le site de Reggan, entre février 1960 et décembre 1961. A partir de cette dernière date, c'est dans des tunnels creusés pour l'occasion au cœur du massif montagneux d'In Ecker (actuellement dans la wilaya de Tamanrasset) que se dérouleront ces explosions et ce, jusqu'en 1966, sous couvert des clauses secrètes, des accords d’Evian afin d’échapper à la critique internationale qui motivait le passage des essais atmosphériques aux essais souterrains. Nous sommes donc face à une France arrogante mégalomane, où le principe tant brandi des droits de l’Homme, s'est avéré une grande supercherie. Ils perdent leur temps, ceux qui attendent depuis plus de 60 ans qu’il y ait des indemnisations.


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