Sakieh Sidi Youcef: Un combat commun

Les événements historiques de sakieh Sidi Youcef, typiquement révolutionnaires, vécus pendant la guerre de libération nationale, représentent pour les Algériens comme pour les frères tunisiens une station historique cardinale. Cet événement militant majeur et très lourd par le poids de sa symbolique. Il avait témoigné pour un combat commun voire une résistance commune, pendant lequel le sang coulé des deux peuples, au cours de ce bombardement atroce, était mêlé, en faisant face à un ennemi commun, au même moment et au même endroit. C’était, ce jour du 08 février 1958. Le bombardement intervenu en représailles, avait laissé 218 victimes dont 70 morts et 148 blessés plus ou moins graves, sans distinction entre Algériens et Tunisiens. Selon la version française : Le 8 février 1958, tout avait commencé quand l'armée française a annoncé qu'un avion, touché par une mitrailleuse postée à Sakieh Sidi Youssef, a dû se poser en catastrophe à Tébessa. Le pilote est sorti de son avion sain et sauf. En représailles, le général Edmond Jouhaud, un futur chef criminel de l’OAS et un des principaux putschistes d’Alger, alors commandant de la cinquième région aérienne, planifie un raid aérien sur Sakieh Sidi Youssef et le soumet au général Paul Ely. Ce dernier, ayant obtenu oralement l’aval du ministre de la Défense Jacques Chaban-Delmas, l’autorisant à recourir aux bombardiers lourds et, c’est ainsi qu’a eu le drame sakièh sidi Youcef.. Donc, l’on s’autorisait à assassiner la population d’un village juste afin de venger un avion qui a été touché par une mitrailleuse postée à sakieh sidi Youcef…Pis encore, le pays agressé, en l’occurrence la Tunisie, était un Etat indépendant. Voilà, comment, l’autre, celui de la race inférieure, l’humanoïde, l’indigène, et tous les mots de la lexicographie raciale ne représente rien dans les considérations du superman Occidental… À ne pas oublier que Chaban Delmas n’a jamais été inquiété au cours de sa carrière politique, à cause de cette décision criminelle. Une fois l’indépendance décrochée, l’on oublie trop vite ce qui s’était passé et on pardonne plus vite encore. C’est bien de se rappeler chaque année ces événements atroces, ces crimes impunis qui visaient notre extermination. Il faut que les manuels de l’histoire destinés aux enfants scolarisés fassent de longues haltes, devant cet événement douloureux et tous les autres événements similaires, afin qu’ils apprennent que la liberté ne vient pas de rien, il y a eu beaucoup de sang versé pour que cette indépendance soit une réalité vécue.


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