Le cancer du sein est le plus courant chez les femmes en Algérie, tandis que chez les hommes, c’est le cancer colorectal qui prédomine, suivi de celui de la prostate, des poumons et de la thyroïde, comme l’a précisé le professeur Asma Karboua, chef de service d'oncologie au CHU Mustapha. Elle a souligné que l'incidence du cancer du sein chez les femmes a augmenté de manière exponentielle, passant de 9 000 nouveaux cas par an à 14 000, avant d’atteindre 51 000 nouveaux cas par an, touchant en particulier les jeunes femmes. La spécialiste a également exprimé sa préoccupation face à l’augmentation des cancers chez les enfants, citant notamment les cancers hématologiques, la leucémie et les tumeurs cérébrales comme les plus fréquents. Intervenant dans l’émission « L'Invité du jour » sur la Radio algérienne, à l’occasion de la Journée mondiale du cancer, le professeur Karboua a rappelé que le cancer constitue un véritable fardeau pour le pays, non seulement en termes d’incidence et de mortalité, mais aussi du coût élevé de la prise en charge. Elle a également insisté sur l'importance de la prévention primaire pour réduire les risques, et a souligné que si celle-ci n'est pas possible, le dépistage (prévention secondaire) devient essentiel pour lutter contre cette maladie en forte progression. La Pr. Asma Karboua a souligné les progrès dans la prise en charge du cancer en Algérie, avec l'ouverture de 20 centres anticancer (CAC) qui allègent la surcharge des structures existantes, bien que certains ne soient pas encore opérationnels. Elle a appelé à l'équipement des CAC avec des accélérateurs modernes pour réduire les délais d'attente. Elle a également mentionné le manque de personnel spécialisé et les difficultés liées au remboursement des soins privés. Concernant la prévention, elle a insisté sur l'importance du dépistage précoce, notamment pour les cancers "silencieux", et a souligné le rôle de l'éducation pour sensibiliser le public à la prise en charge précoce. Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a affirmé l'engagement de l'État à prendre en charge les patients atteints de cancer, soulignant les efforts du groupe Saidal pour produire localement des médicaments contre cette maladie, réduisant ainsi la dépendance aux importations. Il a précisé que 11 000 professionnels de santé sont mobilisés dans ce domaine et que des centres anticancer sont développés dans plusieurs wilayas, avec l'objectif d'installer des accélérateurs dans chaque wilaya d'ici 2026. Saihi a également insisté sur l'importance de la prévention, en collaboration avec d'autres ministères pour promouvoir une alimentation saine. De son côté, le ministre de l'Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a salué les progrès de l'Algérie dans la production locale de médicaments contre le cancer, soulignant les défis liés aux traitements innovants comme les biosimilaires et la thérapie cellulaire. L'Algérie vise également à devenir un centre régional de production de médicaments, avec des ambitions d'exportation vers l'Afrique et le reste du monde.