L’OPEP+ s’apprête à lever progressivement les réductions de production instaurées depuis 2022, une décision qui prendra effet en avril et pourrait entraîner un excédent d’offre, pesant sur les prix du pétrole. Après avoir maintenu des restrictions pour soutenir des prix artificiellement élevés, le cartel cherche désormais à regagner sa part de marché, tombée sous les 30 %. Cette évolution intervient dans un contexte de demande chinoise incertaine, de sanctions contre la Russie et d’une production américaine en hausse. De plus, l’OPEP a choisi d’abandonner l’Agence Internationale de l'Énergie comme source de surveillance de la production, renforçant ainsi son indépendance stratégique. Lors de la réunion de lundi, le Comité conjoint de surveillance ministérielle de l’OPEP+ n’a recommandé aucune augmentation de production au-delà de ce qui était déjà prévu. Le communiqué précise que «l’engagement envers les réductions sera maintenu jusqu’à fin 2026, conformément à l’accord conclu en décembre 2024 ». À cette occasion, l’organisation avait choisi de repousser encore une fois au 1?? avril la décision de lever progressivement les plafonds de production, tant obligatoires que volontaires. Il ne reste désormais plus qu’une seule réunion avant de devoir décider d’un éventuel nouveau report, mais cette fois-ci, les analystes et les pays impliqués jugent cela pratiquement impossible. En réalité, le débat portait plutôt sur une accélération immédiate de la levée des restrictions, une option qui n’a finalement pas été retenue puisqu’ils ont décidé de s’en tenir aux plans de décembre. «Malgré quelques doutes, les fondamentaux du marché restent solides, car les indicateurs de reprise de la croissance économique montrent des signes positifs dans plusieurs régions», a déclaré le ministère de l'Énergie d'Algérie, membre de l’OPEP, dans un communiqué. «Nous nous attendons à une reprise accrue de la demande de pétrole à partir d’avril, après un ralentissement saisonnier, il ressort clairement que la conjoncture actuelle exige une vigilance accrue et un engagement total en faveur du respect de nos décisions collectives et volontaires de limitation de nos productions», a-t-il encore mentionné. L’OPEP+ prévoit de réintroduire progressivement 2,2 millions de barils par jour à partir d’avril, avec des hausses mensuelles jusqu’en 2026. Cette décision marque un tournant stratégique après plusieurs reports, bien que la demande reste fragile, notamment en Chine et en Europe. Selon des sources de Reuters, «l’OPEP+ tente d’éviter une réaction négative des marchés financiers et des gouvernements", car une offre plus abondante dans un contexte de ralentissement pourrait déstabiliser les prix. Carsten Fritsch (Commerzbank) avertit que «suivre le plan prévu pour augmenter la production pourrait peser sur les prix du pétrole».