Gaza est aux Gazaouis

Samedi, Donald Trump a proposé un plan de paix controversé visant à déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza vers l'Égypte et la Jordanie, soit temporairement, soit à long terme, afin de rétablir la paix. Il a décrit Gaza comme un «site de démolition» après 15 mois de guerre suivant l'attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023. Trump a également évoqué la possibilité de collaborer avec des nations arabes pour construire des logements ailleurs pour les Palestiniens déplacés. Cette proposition, impliquant environ 1,5 million de personnes, a été discutée avec des dirigeants comme le roi de Jordanie et le président égyptien, suscitant des critiques et des préoccupations à l'échelle internationale. Une déclaration qui a provoqué un tollé dans le monde où l’on a désigné ce projet de «nettoyage ethnique» et d’un crime contre l’humanité. Pire, au moment où le monde se mobilise pour un arrêt des violences à Gaza, Donald Trump, fidèle à son soutien indéfectible à Israël, qu'il qualifie de meilleur ami à la Maison Blanche durant son mandat, a confirmé avoir débloqué la livraison de bombes de 907 kg pour son allié. Ces armes, précises mais extrêmement destructrices, avaient été suspendues sous l'administration Biden qui craignait leur potentiel à provoquer une «grande tragédie humaine». Les Palestiniens «feront échouer» la proposition de Donald Trump «comme ils ont fait échouer tous les projets de déplacement (…) pendant des décennies, a déclaré à l'AFP, un haut responsable du Hamas. "Nous confirmons que notre peuple, avec tous ses soutiens, est capable de reconstruire Gaza», a ajouté Bassem Naïm, membre du Bureau Politique du mouvement islamiste palestinien, joint au téléphone par l'AFP. La Jordanie et l'Égypte ont rejeté catégoriquement la proposition de Donald Trump visant à déplacer les Palestiniens hors de Gaza. La Jordanie a réaffirmé son soutien au droit des Palestiniens à rester sur leur terre, considérant cela comme essentiel pour la paix, tandis que l'Égypte a exclu toute solution impliquant leur transfert vers le Sinaï. Les deux pays insistent sur une résolution du conflit en Palestine même. «La Jordanie est pour les Jordaniens et la Palestine est pour les Palestiniens», a déclaré le ministre jordanien Ayman Safadi. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a rejeté, dans un communiqué, «toute atteinte aux droits inaliénables, qu’il s’agisse de colonisation, d’annexion de terres, de dépeuplement de ces terres par déplacement, d’encouragement au transfert ou de déracinement des Palestiniens de leur territoire, que ce soit de manière temporaire ou permanente». Donald Trump a réitéré, lundi, sa volonté de voir les Palestiniens de la bande de Gaza vivre «sans violence» et indiqué qu'il en parlerait bientôt avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu à Washington. «J'aimerais qu'ils vivent dans une région où ils peuvent vivre sans perturbations, sans révolution et sans violence», a affirmé le président Trump, à bord de l'avion Air Force One, le ramenant de Floride.


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