La production de blé en Russie est prévue à 78,7 Mt en 2025, en baisse par rapport aux 82,4 Mt de 2024, selon SovEcon. Les températures élevées actuelles posent des risques, notamment une maturation trop rapide, une vulnérabilité accrue au gel, ainsi qu'une prolifération de ravageurs et de maladies. Bien qu’aucun impact majeur ne soit encore signalé, une surveillance étroite reste essentielle. En Europe, les stocks de blé pourraient chuter à 11 millions de tonnes en juin 2025, l’un des niveaux les plus bas depuis vingt ans. Cette baisse intervient alors que l’euro s'affaiblit face au dollar, augmentant la compétitivité des blés européens sur le marché mondial et stimulant les exportations. En Russie, malgré un bon début de campagne, les exportations ont été limitées à 11 millions de tonnes entre février et juin, contre 27 millions l'an dernier, ce qui a entraîné une hausse des prix au départ des ports de la mer Noire. De son côté, l’Australie revient sur le marché avec une récolte estimée à 32 millions de tonnes, contre 26 millions l'année passée, ce qui pourrait limiter la hausse des prix mondiaux. Cependant, la demande mondiale reste incertaine, en particulier en Chine, où les importations ont fortement diminué par rapport à l’an dernier, en raison du ralentissement économique. En 2025, les semis dans l’hémisphère nord présentent des tendances contrastées. Aux États-Unis, les cultures bénéficient de conditions hivernales favorables. En Europe, après un début de saison perturbé par des pluies, les surfaces de blé tendre augmentent de 8,7 % en France et de 8 % en Allemagne. La récolte russe pourrait diminuer, offrant une opportunité aux producteurs européens de regagner des parts de marché. Cette situation, combinée à des stocks faibles, pourrait maintenir les prix du blé élevés, bien que les conditions climatiques futures demeurent incertaines. Enfin, selon le rapport Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, les prix mondiaux des matières premières devraient rester globalement stables au cours des deux prochaines années. Toutefois, les prix des céréales sont attendus en baisse grâce à une offre mondiale accrue. Le prix du blé, estimé à 270 $/t en 2024 après une chute de 21 %, pourrait légèrement diminuer à 265 $/t en 2025 avant de se stabiliser.