L’OPEP fait dans la résistance !

Lors d'une allocution en ligne jeudi devant un parterre de grands patrons, à l'occasion du Forum économique mondial de Davos, M. Trump a déclaré qu'il allait «demander à l'Arabie saoudite et à l'OPEP de baisser le coût du pétrole» et donc de remettre en cause cette stratégie. Les responsables de l’OPEP+ n’ont pas répondu directement à la demande de Donald Trump de baisser les prix du pétrole. Faisal al-Ibrahim, ministre saoudien de l’économie, a déclaré que l’objectif du groupe restait la stabilité à long terme du marché pétrolier. Un délégué du cartel a indiqué que l’augmentation de la production prévue en avril 2025 correspondait à la volonté de Trump de réduire les prix. Trump a affirmé qu’une baisse des prix mettrait fin au conflit russo-ukrainien, mais Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a réfuté cette déclaration, affirmant que le conflit repose sur des questions de sécurité nationale. L’OPEP+ maintient son plan d’augmentation progressive de la production, précédemment retardé en raison d’une faible demande, malgré les fluctuations des prix du pétrole cette année. Une décision finale sur ce plan est attendue en mars après une réunion ministérielle prévue en février. «Il est très peu probable que Trump remporte le bras de fer avec Mohammed ben Salmane», considère Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB à l’AFP. Les cours du pétrole ont initialement baissé après les déclarations de Donald Trump, mais l'effet s'est vite dissipé, car, selon Jorge Leon de Rystad Energy, "il n'est pas inhabituel pour Trump d'appeler l'OPEP+ à produire davantage de pétrole". Leon rappelle qu'il avait déjà fait cette demande à l'Arabie saoudite lors de son premier mandat. Bjarne Schieldrop estime que Ryad a besoin d’un pétrole à 80 dollars le baril pour financer son plan «Saudi Vision 2030», destiné à diversifier son économie. Par ailleurs, les producteurs américains nécessitent également des prix élevés pour rendre rentables les nouveaux forages demandés par Trump. Jorge Leon conclut que Trump devra choisir entre augmenter la production et réduire drastiquement les prix. Lors de son investiture, le président américain avait affiché son ambition d'accroître la production de pétrole et de gaz pour remplir les réserves stratégiques et exporter massivement l'énergie américaine. Il a également levé les restrictions sur les projets pétroliers en Alaska et révoqué les objectifs d'énergie verte de l’administration Biden. Vendredi, le prix du baril de Brent pour livraison en mars était en hausse de 0,34 %, atteignant 78,56 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate augmentait de 0,32 %, à 74,86 dollars.


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