Pas de droit de prescription pour les crimes coloniaux …notamment les crimes génocidaires et ceux commis sous des motifs trompeurs. A Reggane (région de Béchar), on a tué des gens sous le prétexte qu’on faisait des expériences au service de la science et dans l’intérêt de la civilisation. Ces indigènes non civilisés ont été sacrifiés par des gens civilisés. Ils ont été présentés comme des cobayes pour l’éloge de la science, du savoir et des armes de destruction massive. Il n’y a pas, au fait, un dossier aussi grave qui a été manipulé à volonté comme celui des essais nucléaires français en Algérie. A l’aide de la complicité de quelques personnes douteuses ou quelques milieux douteux, pour ne pas dire collaboratrices, le dossier des essais nucléaires a été vidé de son contenu notamment la portée criminelle. Nous sommes face à des crimes qui ont été commis par préméditation. Nous sommes, pratiquement, très loin de la version «officielle française» présentant les morts comme étant des victimes de quelques accidents survenus involontairement, au cours des essais. Le hic, c’est que parmi ces victimes, il y avait même des militaires français avec quelques bédouins algériens qui se trouvaient par malchance dans les parages. Ils seraient soit tués sur place ou contaminés par les radiations à vie. Le problème n’est pas là. Il se trouvait anguille sous roche dans les prisonniers de droit commun –environ une centaine – transférés à partir de la prison de Mascara. Ils ont été emmenés sur les sites des essais, afin de servir de rats de labo. Ainsi, l’on cherchait à connaitre l’impact de l’effet nucléaire sur le corps d’un Etre humain et ce, sur des distances variées, constatées à partir du centre (point zéro) de la déflagration. Cette thèse a été occultée au cours des soixante dernières années pour des raisons que l’on savait tous. De toute façon selon des sources crédibles à nos yeux, les essais avaient continué à être pratiqués jusqu’au milieu des années 1970, soit une douzaine d’années après l’indépendance. Ce sont les clauses secrètes des accords d’Evian dont pas mal de gens ignoraient ou reniaient l’existence de telles clauses. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’on les désignait de clauses secrètes. Elles ont été inscrites sur un «chapitre spécial». Pour être sincère et loyal à ce sujet extrêmement sensible, les gouvernements successifs, depuis l’indépendance, avaient fait preuve d’une grande passivité sur ce dossier inspirant regrets et déceptions. Ce cas n’était soulevé que pour des raisons purement démagogiques.