L'émigration clandestine continue de causer des drames en mer. Les chiffres effrayants des traversées

De quoi seront faits les prochains jours pour tous ces migrants clandestins en mer entre l’Algérie et l’Espagne? Les traversées illégales dangereuses via la mer, entre l’Algérie et l’Espagne, ne cessent d’apporter leur lot de dégâts mais de drames aussi. En témoigne le dernier rapport de l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Celui-ci enregistre en effet une «hausse effrayante» des naufrages sur la route migratoire de la rive séparant les deux pays de la Méditerranée. Depuis 2022, date coïncidant avec un frein de la pandémie du Covid-19, d’autant plus que la tendance migratoire algérienne qui relie l’Algérie à l’Espagne, soit jusqu'à lors, la plus fréquentée par les Harragas se dirige de plus en plus vers l’est, les Iles Baléares tant les chiffres signalent plus de 6.000 traversées pour la seule année 2024 et plus de 100 migrants qui atteignent cet archipel en une journée. De quoi au fait tirer la énième sonnette d’alarme sur cette tragédie en mer qui s’accroît progressivement sur cette bande charriant, par la même, son lot important de pertes mais aussi de drames familiaux. Cette zone est en effet considérée par ces derniers comme la moins surveillée et la moins risquée. Mais, certains chiffres font de ce passage, un fief accru de migrants clandestins en Mer Méditerranée, devenue au fil des années, la 2ème plus dangereuse des routes migratoires à destination de l’Espagne. Tout compte fait, selon la Garde civile espagnole, sur cette route, les drames sont de plus en plus nombreux et fréquents d’autant que des cadavres sont découverts sur les plages ainsi que sur les surfaces rocailleuses des côtes, quelques jours après leur départ en mer. Une vraie tornade de voyages illégaux en mer s’éclate alors que les bilans des pertes humaines s’avèrent souvent lourds et parfois même angoissants. Selon l’ONG Caminando Fronteras, en 2024, au moins 517 personnes seraient mortes en mer et pas moins de 26 embarcations ont totalement disparu avec tous leurs passagers. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui témoignent du danger auquel font face ces migrants rêvant d’un meilleur avenir. D’après le dernier rapport de cette Organisation, publié en date du 26 décembre 2024, en 2022, la route migratoire reliant l’Algérie à l’Espagne a enregistré 464 personnes décédées. Elles étaient 191 personnes en 2021, selon le même rapport. Une vraie «descente aux enfers» vers cette mer comparée à un «tunnel vers la mort». Ces chiffres font de ce passage en Méditerranée, la deuxième route la plus meurtrière, derrière celle des Canaries. La route algérienne de la Méditerranée occidentale fait partie des routes migratoires les plus dangereuses. Le rapport de Cami- -nando Fronteras fait état de 13. 952 migrants ayant embarqué depuis les côtes algériennes, vers les Baléares en 2024. Ces derniers déboursent entre 2.000 et 4.000 euros pour un voyage de fortune sur une embarcation à moteur de 60 à 140 chevaux. Par ailleurs, ces candidats à l’exil embarquent depuis les côtes ouest algériennes, notamment au départ d’Oran, Mostaganem, Tipaza et Alger vers les péninsules ibériques. Et ils sont parfois secourus au large d’Almeria, Carthagène, Murcie ou Alicante. Cependant, depuis 2022, ce passage se déplace de plus en plus vers les Baléares, une route moins surveillée, mais plus dangereuse en raison des distances plus longues. Le rapport se concentre aussi sur les profils des Harraga. En effet, Caminando Fronteras a constaté une augmentation du nombre d’enfants et d’adolescents migrants. Si les adolescents sont habituellement originaires d’Algérie, d’autres mineurs proviennent désormais de pays soumis à des conflits locaux, en particulier dans la région du Sahel. Parmi ces profils, l’ONG cite aussi une hausse du nombre des femmes, accompagnées de leurs enfants, transitant par l’Algérie pour rejoindre les côtes espagnoles. D’ailleurs, ces dernières années, les embarcations de fortune, parties depuis l’Algérie, se remplissent souvent de familles entières, témoignant d’un phénomène de « Harraga familiale inédite ». Si, sur cette route, les Harragas sont majoritairement d’origine algérienne, le rapport fait état de 40 % des personnes, s’engageant sur cette voie, sont des Syriens, des Palestiniens et des Yéménites.


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