La wilaya Béjaïa compte en son sein des sites naturels pittoresques qui ne sont pas des moindres et des espèces animales dont le singe magot où ce qui est appelé communément le singe du nord africain, des singes sauvages qui vivent en groupe en délimitant leur territoire. Seulement, durant ces dernières années et particulièrement en hiver, ces singes, repartis à travers la forêt de Gouraya, descendent en ville ; on les aperçoit régulièrement et arrivent jusqu’au cœur de la ville notamment devant le théâtre régional de Béjaia, dans cette petite forêt la jouxtant. Cette descente de ces visiteurs inattendue s’explique par la recherche en hiver de la nourriture. C’est ainsi qu’habitués à se nourrir des mains de l’homme, ces primates sont contraints, en hiver, de rechercher l’être humain. De ce phénomène, l’on apprend qu’ont été recensés, dans le passé, plus de 200 singes qui forment 08 groupes. Cette espèce animale rare qui est le singe magot, a été dénaturée en perdant son instinct de régulation. En d’autres termes, le singe magot qui a pris l’habitude en se nourrissant, régulièrement, des mains des visiteurs, descend, en d’autres circonstances, pour chercher l’homme qui le nourrit. Pour évaluer ce nouveau comportement des singes, une étude collaborative a été lancée, réunissant l’Université de Béjaïa, le Centre de Recherche en Technologies Agroalimentaires (CRTAA), la Conservation des Forêts de Béjaïa et le Parc National de Gouraya. «Elle vient pour compléter une étude de terrain déjà réalisée, au cours de laquelle des agriculteurs ont été interviewés sur de nombreux aspects liés à ce conflit», avons-nous appris des initiateurs de travail de recherche. Les chercheurs comptent ainsi étudier les dynamiques et enjeux du conflit homme-faune par l’analyse des perceptions et impacts socioéconomiques des interactions entre agriculteurs et populations de primates (Macaca sylvanus) dans la wilaya de Béjaïa. Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une étude collaborative réunissant l’Université de Béjaïa, le Centre de Recherche en Technologies Agroalimentaires (CRTAA), la Conservation des Forêts de Béjaïa et le Parc National de Gouraya. Il vient compléter une étude de terrain déjà réalisée, au cours de laquelle des agriculteurs ont été interrogés sur de nombreux aspects liés à ce conflit. Les initiateurs de ce projet de recherche estiment que «dans la région montagneuse de Béjaïa, l’agriculture joue un rôle fondamental dans le quotidien des habitants, représentant un pilier de la sécurité alimentaire et un levier pour le développement durable», en relevant que «les interactions entre les agriculteurs et le singe magot représentent un défi croissant». Un conflit exacerbé par l'augmentation des feux de forêt ces dernières années qui ont réduit l’aire de répartition de l’espèce ainsi que par les interactions touristiques modifiées, ayant entraîné un changement dans leurs habitudes alimentaires. C’est dans ce contexte qu’il est essentiel de mener des études approfondies sur ce sujet, d’autant plus que les institutions concernées disposent de peu de données fiables pour évaluer l’ampleur et la gravité de ces interactions. Une meilleure compréhension de ces dynamiques est indispensable pour concilier la préservation de l’espèce avec la pérennité de l’agriculture de montagne et des moyens de subsistance des communautés locales. Pour cerner cette problématique, les chercheurs ont mis à la disposition des agriculteurs un questionnaire qui vise à «contribuer à une meilleure gestion des conflits entre les communautés locales et la faune sauvage» où seront recueillies des informations liées à «l’estimation du nombre de personnes et de foyers affectés par le conflit, avec un accent particulier sur les agriculteurs et l’évaluation des impacts économiques, sociaux et culturels des interactions avec le singe magot». «Les informations recueillies auprès des agriculteurs renforceront les données déjà collectées sur le terrain, en vue d’orienter des solutions adaptées et de mener des recherches scientifiques approfondies», indique encore notre source.
Impact du singe magot sur les activités agricoles. Une étude scientifique lancée à Béjaia
- par Hocine Smaali
- Le 29 Décembre 2024
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