Ressources hydriques non conventionnelles. Une solution au problème d'eau

S’il est un des domaines stratégiques sur lesquels l’Algérie a pris les devants, c’est incontestablement celui de l’approvisionnement en eau potable, au vu des aléas climatiques qui prévalent dans le monde avec leur corollaire, les déficits pluviométriques. La construction de barrages, la densification des stations de relevage et d’épuration et la réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer sont autant de mesures qui vont dans le sens légitime de l’amélioration de la prise en charge qualitative des deux préoccupations majeures des citoyens: l’approvisionnement régulier en eau potable et l’amélioration de la rentabilité des terres agricoles pour atteindre les performances de l’autosuffisance alimentaire, à travers l’augmentation des rendements du fait de la production agricole, dans la mesure où on consent à admettre que le problème de manque d’eau n’épargne pas aussi le secteur de l’agriculture, au vu des faibles apports en pluviométrie relevés ces dernières années dans le pays. Le ministre de l'Hydraulique, M. Taha Derbal, mise beaucoup sur l’apport des ressources non conventionnelles. Il a affirmé, jeudi, que la stratégie du secteur en matière d'approvisionnement en eau potable, à la lumière de la faible pluviométrie, repose sur l'exploitation des ressources non conventionnelles, notamment l'eau de mer dessalée ainsi que sur l'interconnexion des barrages et des grands transferts d'eau. Lors d'une plénière à l'Assemblée populaire nationale (APN), présidée par Ayoub Hammad, vice-président de l'APN, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Kaouter Krikou, et de plusieurs membres du gouvernement, le ministre a indiqué qu'en application des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, les wilayas intérieures, situées dans un rayon de 150 km des stations de dessalement d'eau de mer, bénéficieront de l'eau potable qu'elles produisent, ce qui améliorera nettement le service public de l'eau potable. Par exemple, la future station de dessalement de Cap Blanc à Oran desservira plusieurs wilayas intérieures limitrophes dont Ain Témouchent. De ce fait et compte tenu que ces stations de dessalement vont injecter des quantités importantes d’eau potable au profit des citoyens des wilayas limitrophes, les apports des barrages seront directement exploités par le secteur agricole pour remédier aux insuffisances d’irrigation conséquente de la réduction drastique en terme de pluviométrie. Cela permettra selon le ministre, d'économiser des quantités importantes d'eau des barrages qui seront réaffectées au secteur agricole qui bénéficiera également des eaux usées après un traitement tertiaire, "sans restriction", pour l'irrigation des arbres fruitiers, des légumineuses et même des légumes, a-t-il ajouté. D'autre part, plusieurs régions du pays seront approvisionnées en eau potable par l'interconnexion des barrages, dans le cadre de la solidarité hydrique entre les régions les mieux et les moins pourvues en eau, ainsi que par les grands transferts d'eau Sud-Sud et Sud-Nord, a expliqué le ministre. Pour rappel, l’Algérie nourrissait jusqu’à 2024, l’augmentation de la mobilisation des capacités des barrages à plus de 09 milliards de mètres cubes et la construction de cinq nouveaux barrages. Le pays exploite actuellement plus de 15 stations de dessalement avec une capacité de production de plus de 1,5 million de mètres cubes d’eau par jour mais face à la demande sans cesse accrue, il a été décidé de renforcer les capacités de production non conventionnelles pour soulager entre autres le secteur agricole. Répondant à une question sur l'approvisionnement en eau potable des communes du sud de Sétif, le ministre a précisé que le secteur a enregistré plusieurs opérations de réalisation et d'équipement de nouveaux forages et de réhabilitation de ceux en cours d'exploitation, permettant la mobilisation d'une quantité supplémentaire d'eau équivalente à 6.000 mètres cubes par jour. Le projet de raccordement et d'équipement du forage "Boutaleb 2" fournira 5.000 mètres cubes d'eau supplémentaire par jour, ce qui améliorera les plages horaires de distribution de l'eau. Dans le même sillage, il a fait part de l'élaboration d'une étude portant sur la prise en charge des déversoirs d'eaux usées des communes d'El Hamma et Boutaleb, afin d'éliminer les rejets anarchiques des eaux usées dans ces deux communes, précisant que le projet comprend la réalisation d'une station d'épuration des eaux usées par bassins naturels. A une question sur la mobilisation des ressources hydriques superficielles par la construction de barrages dans la wilaya de Batna, le ministre a affirmé que le secteur des ressources en eau, par le biais de l'Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), a élaboré des études détaillées pour plusieurs barrages, mais ces projets ont été gelés. Ces ouvrages jouent un rôle "important" dans l'approvisionnement des habitants en eau potable et en eau d'irrigation au niveau local, selon M. Derbal qui a assuré que le secteur "consentira davantage d'efforts pour inscrire les projets de ces barrages". Répondant à une question sur l'assainissement dans la ville de Timimoun, le ministre a indiqué que les services du secteur ont préparé un schéma directeur pour cette ville qui servira de "véritable référence", sur la base duquel seront prises toutes les mesures qui contribueront à la modernisation et au développement des réseaux d'assainissement de la ville, ce qui permettra d'éliminer définitivement tous les points noirs.


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