Pétrole et gaz, Trump s’attaque à l’Europe !

À un mois de son retour à la Maison Blanche, le président élu des États-Unis, Do-nald Trump, alimente les incertitudes sur une potentielle guerre commerciale transatlantique. Par le biais de sa plateforme Truth Social, il a exhorté l’Union européenne à accroître ses importations de pétrole et de gaz américains pour réduire son déficit commercial avec les États-Unis, menaçant de sanctions tarifaires en cas de refus. « J’ai informé l’Union européenne qu’elle devait réduire son énorme déficit avec les États-Unis en achetant massivement notre pétrole et notre gaz. Sinon, ce seront des TARIFS jusqu’au bout !!!», a-t-il déclaré. Lors d’un point de presse à Bruxelles, Olof Gill, porte-parole commercial de la Commission européenne, a relativisé ces propos. Il a rappelé que les États-Unis bénéficient d’un excédent substantiel dans le commerce des services avec l’UE, contrebalançant l’excédent européen sur les biens. Gill a également souligné que l’Europe reste ouverte au dialogue avec l’administration américaine pour renforcer leurs relations, notamment dans le domaine de l’énergie. L’Union européenne a déjà considérablement augmenté ses importations de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains ces dernières années, en réponse à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine. Aujourd’hui, les États-Unis fournissent 47% du GNL et 17 % du pétrole importés par l’UE, couvrant environ 20% de sa demande totale en gaz. Malgré cela, les approvisionnements européens restent dictés par des considérations de prix et d’efficacité, sans ingérence gouvernementale. En parallèle, les marchés pétroliers ont montré une légère reprise vendredi. Les cours du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) ont respectivement progressé de 0,08% et 0,11%, atteignant 72,94 et 69,46 dollars le baril. Cette hausse est attribuée à un affaiblissement du dollar, suite à un indice d’inflation américaine inférieur aux prévisions. Cependant, les fondamentaux du marché pétrolier restent fragiles, avec une demande mondiale en baisse, comme l’a récemment confirmé l’OPEP en révisant ses prévisions pour 2025 à la baisse pour le cinquième mois consécutif. Malgré les menaces de Trump, les marchés européens n’ont guère réagi, les exportations américaines de brut vers l’Europe ayant déjà atteint un niveau record. Le gaz américain pourrait jouer un rôle encore plus important, grâce à ses tarifs compétitifs, dans la diversification des approvisionnements européens.


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