Les citoyens des quartiers de Tigditt et de «Plato», ceux d’en bas, ont aussi des ambitions de voir s’améliorer leur cadre de vie. Ces citoyens-là ont passé des décennies à attendre d’être considérés comme les autres. Ceci est donc un constat amer car dans ces endroits, la vie est au ralenti car l’attention de l’autorité locale est, malheureusement, ailleurs. Il est rarissime, depuis longtemps, de voir un responsable s’intéresser à ces zones. Beaucoup de responsables, ceux à qui ont la charge de travailler pour le bien-être de tous les citoyens, n’y ont jamais mis les pieds. L’ex-communication et l’exclusion sont ressenties par ces jeunes qui, eux aussi, s’enferment dans cette cellule à ciel ouvert… Ils espèrent aussi mais ils ne savent plus quoi espérer. Dans ces zones, le malaise est profond à cause de l’absence de programme de développement. Les citoyens de Tigditt bas et le «Plato» ont l’impression de ne pas faire partie de Mostaganem. L’exclusion et la marginalisation sont visibles car ces cités ne font partie d’aucun programme de développement. Certains endroits du bas Tigditt et du «Plato» sont difficiles à fréquenter par absence de vie causée par la dégradation du cadre de vie des habitants. Ni commerces, ni structures administratives, ni transport, ni culture, ni activités économiques, rien… et le néant anéantit l’espace. Dans ce quartier, on ne vit plus, on attend, on résiste et on espère, c’est la désocialisation manifeste. Dans cette partie de la ville, les autorités ne s’y rendent plus depuis belle lurette. Face à ce marasme, les élus de la commune de Mostaganem, font semblant de ne rien voir. Sauf que, faut-il le souligner, pendant leur campagne électorale, ils y sont passés dans ces quartiers pour s’assurer un siège à l’assemblée. Cependant, aujourd’hui, il est pratiquement impossible de voir un élu de l’APC plaider pour ses habitants dont le quotidien est acerbement morose. On peut dire que ces zones sont aussi des zones d’ombre urbaines mais comme les élus se regardent le nombril, Tigditt et le «Plato» perdent espoir. Cette indifférence chez les autorités locales a engendré chez les citoyens un sentiment de mal-être. Cette absence criarde de vision et d’équilibre dans le développement ne peut pas s’expliquer. En principe dans la feuille de route d’une municipalité, si feuille de route existe, on fait attention à l’harmonie entre les quartiers. Doit-on aussi rappeler que l’absence de l’autorité publique dans ces quartiers a permis l’intronisation de phénomènes nuisibles. Aujourd’hui, ces zones sont des zones de non droit où tout est permis. Si l’on continue dans cette voie de délaissement parce que ces quartiers ne sont pas visibles pour être en bas, demain les conséquences se payeront cash. L’ex-communication et l’exclusion sont ressenties par les jeunes qui eux aussi s’enferment dans cette cellule à ciel ouvert… Ils espèrent aussi mais ils ne savent plus quoi espérer. Tous les citoyens ont droit à un cadre de vie décent et tous doivent être placés à la même enseigne… Tigditt et «Plato» sont aussi à Mostaganem.
Mostaganem. Tigditt et le «Plato», exclus des programmes de développement
- par Charef Kassous
- Le 10 Décembre 2024
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