Quels sont les légumes qui coûtent le moins cher à Oran malgré l’abondance de la production? La réponse est: «Aucun». Pourquoi sont-ils subitement devenus si chers? Qui a intérêt à empoisonner la vie des consommateurs? Avons-nous des commerçants ou des intermédiaires? La vérité est que cela n’a pas l’air de tourner rond depuis quelque temps. Et indéniablement, le torchon a plutôt l’air de brûler davantage encore entre les commerçants du secteur agricole et les consommateurs, à la suite de la flambée des prix de certains légumes de base comme dame Tomate, stagnant entre 150 et 200 DA le kilo depuis le mois de Ramadhan dernier, malgré la promesse d’une baisse progressive après la récolte d’avril brandie par les responsables du marché de gros d’El Kerma. «Avant le scénario de la tomate, les prix des légumes étaient déjà chers en plein mois sacré dans nos marchés et il ne manque plus que de rentrer à la maison le couffin vide de légumes», regrette amèrement une vieille ménagère du marché de la rue des Aurès, transformé en vraie spirale infernale des prix tellement c’est le tollé. «Haricots verts à 600 DA le kilo au lieu de 350 DA auparavant, tomate entre 200 et 220 DA, laitue à 250 DA, courgette entre 150 et 250 DA; et même s’il reste vrai que les prix varient d’un marché à un autre, ce n'est pas au point où la marge de bénéfice atteigne le double voire le triple», déplore un vieux consommateur à la vue de la dégradation ambiante du pouvoir d’achat à quelques semaines du début de la saison estivale.
Et on ne nous parle plus de grève de camionneurs car le problème est ailleurs. Pourquoi pas des marchés de solidarité pour atténuer les prix? Un sentiment d’exaspération jamais égalé s’est emparé des citoyens oranais à la vue de la cherté de la vie. On susurre que le marché de Chteïbo, supposé être le moins cher, a été «contaminé» lui aussi par la fièvre des prix hors du commun. Qui veut détruire le pouvoir d’achat à Oran? Cette question taraude les esprits tant des citoyens que des professionnels qui, eux, renvoient la balle dans le camp des producteurs, arguant, selon leurs propos, le volet des «produits hors saison». Un consommateur suggère à ce propos la création au marché de gros d’un espace dédié à la «vente directe» aux citoyens, comme c’est le cas pour les agriculteurs. D’après certains consommateurs, «c’est une des manières usuelles et pratiques qui permet de lutter efficacement contre les revendeurs qui influent sur les prix des légumes» et par la même occasion, contrecarrer la spéculation devenue monnaie courante et ancrée dans le patrimoine génétique des commerçants, en dépit des instructions et des mesures prises par les pouvoirs publics.
Après la tomate, les haricots verts enflamment le mercure. La «fièvre» des prix gagne les marchés
- par B. Habib
- Le 07 Avril 2026
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