A mesure que les projets immobiliers se multiplient, un patrimoine naturel irremplaçable disparaît dans l’indifférence. À Oran, l’arrachage d’arbres centenaires devient une pratique inquiétante qui soulève colère et incompréhension. Dans plusieurs quartiers de la wilaya d’Oran, notamment à Boulanger, des scènes révoltantes se répètent: des arbres centenaires, témoins silencieux de l’histoire urbaine, sont arrachés sans ménagement pour laisser place à de nouvelles constructions. Ces géants de la nature qui ont traversé des générations, sont sacrifiés au nom du béton et du profit immédiat. Ces arbres ne sont pas de simples éléments de décor. Ils représentent une mémoire vivante, un équilibre écologique fragile et un rempart naturel contre la pollution et la chaleur. Leur disparition brutale prive les habitants d’ombre, de fraîcheur et d’un cadre de vie apaisé, déjà mis à rude épreuve par une urbanisation souvent anarchique. Le plus inquiétant reste l’absence de réaction ferme face à ces pratiques. Comment de tels actes peuvent-ils se produire sans contrôle ni sanction? Où sont les services chargés de la protection de l’environnement et du patrimoine naturel? Le silence des autorités alimente un sentiment d’abandon chez les citoyens, témoins impuissants de ce massacre écologique. À Boulanger, comme dans d’autres quartiers, les habitants dénoncent une véritable hécatombe. Certains évoquent des arbres âgés de plusieurs décennies, voire plus d’un siècle, déracinés en quelques heures seulement. Un spectacle désolant qui contraste avec les discours officiels sur la préservation de l’environnement et le développement durable. Autrefois, ces arbres structuraient les paysages urbains, donnaient une âme aux quartiers et offraient des espaces de respiration aux riverains. Aujourd’hui, ils disparaissent au profit de chantiers souvent dépourvus de vision écologique. Cette logique de développement, centrée uniquement sur le béton, risque de laisser des cicatrices irréversibles dans le tissu urbain. Face à cette situation, il devient urgent d’instaurer des règles strictes et de veiller à leur application. Chaque arbre abattu devrait être remplacé, chaque projet devrait intégrer une dimension environnementale réelle et chaque abus devrait être sanctionné. Car au-delà des arbres, c’est toute une identité urbaine qui est en train de disparaître. Et si rien n’est fait, Oran risque de perdre ce qui faisait autrefois son charme: une ville où la nature avait encore sa place.
Urbanisation à Oran. Quand les arbres centenaires tombent sous les coups du béton
- par Youcef. Chaibi
- Le 06 Avril 2026
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