Il coule dans les robinets comme il pleut dans le pays …un tel adage ne fait qu’illustrer la perfection atteinte ces dernières années par le secteur hydrique en Algérie. De l’eau à gogo «tous les jours» et dans n’importe quelle région en Algérie, le pari est désormais gagné ? Comment ? Et pourquoi ? L’Algérie avait longtemps souffert de l’indigence hydrique. Cela s’expliquait notamment par la variabilité climatique, la forte démographie galopante, l’état de réseau d’AEP et les besoins sans cesse grandissants en approvisionnements en eau potable. Normal qu’il faille réformer la stratégie globale. L’Algérie a donc misé sur le dessalement, certes une solution à la pénurie d’eau mais qui a porté ses fruits. Mieux, ce procédé est irrévocable et a démontré son efficacité et ses bienfaits. D’abord il a mis un terme au manque de la disponibilité régulière de l’eau potable à la désertification des barrages et ensuite il entre dans l’irrigation agricole ce qui, soit dit en passant, signifie au moins trois objectifs atteints. Les stations de dessalement portent leurs fruits en Algérie. Ils réduisent le stress hydrique et apportent une solution à l’amenuisement des ressources souterraines en temps de disette résultant du manque en apports pluviométriques. Dieu merci, le début de l’année 2026 aura été plutôt beaucoup plus fertile en pluies fortes comparativement à la même période des années précédentes. Ce qui suppose en clair qu’on ne risque pas cette fois de dépenser aussi quantitativement l’eau dessalée dans la consommation des ménages. Les spécialistes sont unanimes : le dessalement est incontournable. Les cinq stations de dessalement récemment mises en service, conformément au programme du président de la république, permettent d’alimenter plus de 15 millions d’habitants. Au fort moment de la rationalisation de l’utilisation de la ressource hydrique et de sa diversification, l’option de l’eau dessalée a dépassé les prévisions. «Le dessalement d’eau de mer est devenu une base incontournable de la sécurité hydrique en Algérie», affirme ce lundi Mouloud Hachlaf, assistant du Président-directeur général de la Société algérienne de dessalement de l’eau (filiale de Sonatrach). S’exprimant dans l’émission «L’invité du jour» de la chaîne 3 de la Radio algérienne et abordant les orientations du dernier Conseil des ministres, il souligne que «le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’assurer un service optimal d’alimentation en eau potable, en s’appuyant sur la diversification des ressources. Pour M. Hachlaf, l’évolution du dessalement en Algérie est «spectaculaire». Considéré comme «un appoint» en période de stress hydrique» le dessalement couvre aujourd’hui 42 % des besoins nationaux en eau potable, contre 18 % auparavant» dira-t-il. Il révèle que «la production nationale atteint désormais 3,7 millions de mètres cubes par jour». Cette progression s’explique, selon lui, «notamment par la réception, en février 2025, du programme complémentaire numéro 1, qui a renforcé significativement les capacités installées». Entre autres, il citera les cinq mégastations récemment mises en service et qui ont déjà fourni plus de 370 millions de mètres cubes d’eau potable. «À titre d’exemple, la station de Macta produit à elle seule plus de 420 000 mètres cubes par jour, illustrant l’ampleur des investissements consentis». M. Hachlef tient à clarifier une confusion fréquente chez les citoyens. La Société algérienne de dessalement de l’eau est «un producteur, non un distributeur», précisant que «l’eau produite est livrée à l’Algérienne des eaux, qui se charge de sa distribution». Concernant, les stations qui fonctionnent en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui impose une maintenance rigoureuse, M Hachlaf dira «qu’un programme national de maintenance préventive est déployé chaque année, en coordination avec les acteurs du secteur. Ces opérations, limitées à des séquences n’excédant pas 6 jours, sont planifiées deux à trois fois par an». Contrairement à d’autres industries, où les arrêts peuvent durer jusqu’à un mois, souligne l’invité de la chaîne 3, «les stations de dessalement privilégient des interventions courtes mais régulières. Ces opérations incluent le contrôle des systèmes de captage, le nettoyage des bassins, la vérification des membranes d’osmose inverse et l’inspection des installations électriques en collaboration avec Sonelgaz». Par ailleurs, M. Hachlaf a abordé le fonctionnement des stations qui dépend étroitement de la qualité de l’environnement marin. Il affirme que «la turbidité de l’eau constitue un facteur critique. Récemment, certaines stations ont dû s’arrêter de fonctionner en raison d’un dépassement des seuils». «Les grilles de captage peuvent être obstruées par des algues ou des déchets, tandis que les crues charrient des polluants vers la mer. Dans certains cas, des investissements supplémentaires sont nécessaires pour adapter les installations, comme la mise en place de dispositifs capables de traiter une eau plus chargée», explique M. Hachlef. Sur un autre registre, il révélera que «chaque station représente un investissement considérable. Les unités classiques coûtent environ 250 millions de dollars, tandis que les nouvelles méga stations atteignent 420 millions de dollars chacune», précisant que «le programme complémentaire numéro 2 prévoit la réalisation de 6 nouvelles stations pour une capacité totale de 1,8 million de mètres cubes par jour, soit un investissement dépassant 1 milliard de dollars pour la première tranche». Selon lui, trois projets ont déjà été lancés dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem, considérées comme les plus exposées au stress hydrique. À l’approche de la saison estivale, traditionnellement marquée par une forte demande, les autorités affichent un optimisme mesuré. Contrairement à l’année précédente, explique M. Hachlaf, «les stations fonctionneront à pleine capacité. Le calendrier de maintenance a été conçu pour éviter toute interruption durant les périodes critiques, notamment après le Ramadan et avant l’été». Du reste, il estime «qu’aujourd’hui, le dessalement s’impose comme un levier central» pour garantir l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du littoral, de l’Est à l’Ouest du pays. «Nous travaillons dans la prévention pour ne jamais subir», conclut M. Hachlaf, insistant sur l’importance de préserver ces infrastructures vitales pour l’avenir hydrique de l’Algérie.
Sécurité hydrique en Algérie. «Le dessalement est incontournable»
- par B. Habib
- Le 06 Avril 2026
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