Visite du ministre de l'Agriculture à Sidi Bel-Abbès. L’aube d’une révolution agronomique

Sous l'égide des hautes orientations du Président de la République, la wilaya de Sidi Bel-Abbès a revêtu, ce samedi, les habits de capitale de la modernité agricole. La visite du ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche, Walid Mehdi Yacine, en présence du premier responsable de l'exécutif, Kamel Hadji, du président de l’APW, du recteur de l’université «Djillali Liabès» ainsi que des autorités locales, civiles et militaires, marque un tournant paradigmatique, à savoir le passage d’une agriculture de subsistance à une industrie de précision, garante de la sécurité alimentaire nationale. L’acte fondateur de cette journée réside dans la signature d’une convention stratégique entre le groupe public Agrodiv et la société Sampo Algérie. Cet accord consacre la naissance d'Agrodrive SPA, une filiale opérationnelle au capital de 100 millions de dinars. Véritable bras armé de la mécanisation, Agrodrive déploiera, dès la campagne imminente, une armada de 530 à 560 moissonneuses-batteuses de haute technologie numérique. Ce dispositif sera renforcé, pour la saison 2026-2027, par une flotte de 1.800 tracteurs. Avec un investissement colossal de 37 milliards de dinars injectés dès la première année, l’État ne se contente plus de subventionner; il structure un parc national capable de répondre aux exigences des cultures stratégiques (blé, orge, maïs). L’analyse livrée par le premier responsable du secteur de l'agriculture, Walid Mahdi, souligne une urgence systémique. Jusqu'alors, l’Algérie subissait un «gaspillage de richesse» inacceptable notamment des pertes de récolte avoisinant les 20 %, là où les standards internationaux stagnent à 3 %. «Nous devons briser le plafond de verre des 15 quintaux par hectare», a affirmé le ministre. L’objectif est clair : doubler la productivité pour atteindre 30 quintaux par hectare. Cette ambition repose sur l’introduction des modèles Sampo 2085 et de la gamme Smart 3D, des machines dotées d’électronique embarquée permettant un réglage millimétré et une réduction drastique de la déperdition des grains. Conscient que l'outil n'est rien sans la main qui le guide, le ministre a donné le coup d'envoi d'un programme de formation intensif à l'auditorium de l'université. Ce cycle, fruit d'une synergie entre l'agriculture, l'industrie et la formation professionnelle, vise à transformer les conducteurs d’engins et les cadres de l’OAIC en véritables techniciens de précision dans le cadre de l'Expertise Théorique avec une maîtrise des systèmes de battage et de nettoyage, un calibrage en conditions réelles pour optimiser la récolte et une maintenance préventive pour la réduction des temps d'immobilisation du matériel. La visite a également mis en lumière l’avenir de la recherche avec le projet du Centre «Enrico Mattei» des technologies agricoles. Installé sur le site de l'école agricole, ce futur pôle algéro-italien sera le premier du genre en Afrique. Il fera de Sidi Bel-Abbès, un laboratoire à ciel ouvert pour les chercheurs du continent, consolidant le lien entre savoir académique et rendement foncier. En visitant les chaînes de production de Sonalika FAMAG et le complexe du machinisme agricole, le ministre a réaffirmé que la terre algérienne, favorisée cette année par une pluviométrie généreuse, dispose désormais des outils de sa délivrance. En convertissant la technologie en quintaux supplémentaires, l'Algérie ne cultive plus seulement son sol; elle forge, avec une rigueur scientifique, les piliers de son indépendance.


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