Par un souci de modernisation des infrastructures de base, la wilaya de Sidi Bel Abbès engage une phase décisive de sa transition agricole. Entre électrification rurale et sécurisation des ressources hydriques, l’exécutif local dessine les contours d’une souveraineté alimentaire ancrée dans la rationalité technique. Le déploiement des infrastructures énergétiques en milieu rural ne relève plus de la simple commodité domestique; il s’érige désormais en vecteur de performance macroéconomique. L’annonce récente du raccordement imminent de 200 exploitations agricoles au réseau électrique marque une étape charnière dans cette volonté de rompre avec l'archaïsme productif. Ce programme, dont l'ingénierie financière et technique a été confiée à la Direction de distribution de l’électricité et du gaz, vise un objectif dual : l’optimisation des coûts opératoires pour les exploitants et l’intensification des capacités de production, notamment dans les filières stratégiques de l’élevage et des cultures irriguées. Le premier responsable de l'exécutif Kamel Hadji a dressé un état des lieux exhaustif d’une dynamique qui semble avoir trouvé son rythme de croisière. Sur un volume global de 1 645 demandes enregistrées, le bilan arrêté à la fin de l’exercice 2025 affiche un taux de réalisation encourageant: 762 exploitations sont d'ores et déjà pourvues en énergie. L’approche, loin d’être erratique, s'articule autour d'une hiérarchisation rigoureuse des besoins. En s'appuyant sur les mécanismes du Fonds commun des collectivités locales et du programme national d’électrification, l’administration s'engage dans une démarche de satisfaction exhaustive, où la levée des contraintes énergétiques est perçue comme le préalable sine qua non à la viabilité des projets d'investissement agricole. Cependant, l’électricité ne saurait constituer l’unique panacée. La question de la ressource hydrique, pilier de toute ambition agraire, fait l’objet d’une gestion pragmatique. Avec l’octroi de 158 autorisations de forage sur les 340 sollicitées en 2025, les autorités locales tentent de concilier exploitation des nappes et durabilité. Cette stratégie est corrélée à l'avancement du réseau économiseur d’eau, projet structurel dont le taux de réalisation atteint désormais les 50 %, promettant une gestion plus efficiente d'un capital naturel de plus en plus rare. Lever les entraves physiques pour libérer le potentiel productif, telle est la sémantique d’une administration qui ne se veut plus seulement gestionnaire, mais facilitatrice du développement. Enfin, la vision globale s’étend à la logistique territoriale. L'ouverture programmée de pistes rurales et forestières répond à un impératif de connectivité. En désenclavant les exploitations situées dans les zones montagneuses et reculées, la wilaya fluidifie l'acheminement des denrées vers les centres de consommation, réduisant ainsi les pertes post-récolte et garantissant la stabilité des marchés locaux. Au-delà des chiffres, c'est une véritable reconfiguration du paysage rural qui s'opère. En dotant l'agriculteur des outils de la modernité à savoir l'énergie pour mécaniser, l'eau pour pérenniser et la route pour distribuer Sidi Bel Abbès, se positionne comme un laboratoire de la sécurité alimentaire régionale. La réussite de ce programme de 200 exploitations sera, sans nul doute, le baromètre de cette ambition renouvelée.
Sidi Bel Abbès. Raccordement de 200 exploitations agricoles au réseau électrique
- par Mohamed Nouar
- Le 05 Avril 2026
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