L'économie informelle comme acte de résistance sous l'ère coloniale
Par H. Med Soltane
L'histoire de la colonisation française est souvent racontée à travers le prisme des affrontements majeurs et des accords politiques. Pourtant, la véritable essence de cette période se révèle dans le quotidien de l'autochtone, confronté à une tentative systémique d'anéantissement de son identité et de sa dignité. Face à cette pression déshumanisante, la résistance a émergé non pas uniquement sur les champs de bataille, mais aussi, et de manière tout aussi cruciale, dans une «compassion active» et une ingéniosité économique. Ce texte plonge au cœur de cette «résistance infra-politique», dévoilant comment le maintien des liens communautaires, le partage des ressources et la préservation de rituels ont permis aux populations algériennes de ne pas succomber à l'aliénation. En explorant l'économie de survie – de l'ingéniosité des brocanteurs et rémouleurs au rôle essentiel du troc – cette analyse révèle que la solidarité et la créativité étaient des armes puissantes, forgeant une dignité inébranlable face à l'oppression coloniale. C'est une analyse d'une grande finesse que je développe ici. Je ne me contente pas de décrire une économie de survie, je mets en lumière ce que les sociologues appellent une «résistance infra-politique». Là où l'administration coloniale voyait du désordre ou de l'archaïsme, il y avait en réalité une structure sociale sophistiquée et une solidarité qui empêchaient la déshumanisation. L'Âme au cœur du silence : compassion et résistance quotidienne sous l'ordre colonial. L’histoire de la colonisation française est souvent narrée à travers le prisme des grandes batailles ou des traités diplomatiques. Pourtant, la réalité la plus profonde de cette période réside dans le quotidien de l’autochtone, confronté à une tentative systématique de neutralisation, un processus visant à effacer son identité, sa culture et sa dignité. Face à cette pression déshumanisante, la résistance n'a pas seulement été militaire ; elle fut intimement liée à une compassion active. C'est dans le maintien des liens communautaires, le partage des ressources et la préservation des rituels que l'autochtone a puisé la force de ne pas devenir une simple ombre dans le décor colonial. Ce texte explore comment l'empathie et l'ingéniosité économique sont devenues les armes ultimes contre l'aliénation. Le quotidien comme champ de bataille, une économie de résilience. Au-delà des discours politiques, la résistance s'est nichée dans les roues des charrettes et les cris des marchands ambulants. Dans les quartiers dits «indigènes», l'exclusion des circuits économiques officiels n'a pas produit le vide, mais une créativité de nécessité. L'ingéniosité face à la rareté, les brocanteurs, rémouleurs et réparateurs itinérants n'étaient pas de simples acteurs économiques, ils étaient les gardiens d'une autonomie matérielle. En réparant plutôt qu'en jetant, en recyclant ce que le système colonial considérait comme obsolète, la population maintenait une dignité face à la pauvreté imposée. Le troc, ciment de la solidarité : l'échange en nature (vieux vêtements contre ustensiles, œufs contre denrées) n'était pas un recul vers l'archaïsme. C'était une réponse stratégique à l'absence de liquidités. Ce système reposait sur la valeur d'usage et, surtout, sur la confiance mutuelle. Troquer, c'est reconnaître le besoin de l'autre et y répondre sans passer par l'intermédiaire d'une monnaie coloniale souvent inaccessible. L'espace urbain comme lien social : ces métiers ambulants tissaient une toile de confiance. Le marchand n'était pas un inconnu, mais un confident, un porteur de nouvelles, un maillon essentiel qui transformait la rue en un espace de vie collective, impénétrable pour l'autorité coloniale.
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L’amiante, la menace persiste
Par L. Abdelmadjid
L’amiante, ce matériau fortement toxique, est responsable des cancers broncho-pulmonaires dont sont victimes les personnes qui y sont exposées. A cette récurrente question de santé publique, les autorités ont réagi en 2009 commençant par l’interdiction de son usage dans les constructions. Suite à cela, les pouvoirs centraux ont démoli une grande partie des structures amiantées surtout pour ce qui est des établissements scolaires en préfabriqués. C’est en effet un effort qui a permis de préserver la santé des citoyens et protéger l’environnement. A Mostaganem, en revanche ce qui ne se dit pas c’est qu’il y a, ici et là, encore des structures habitées ou utilisées comme lieux de travail surtout pour les services administratifs comme il en existe encore, même très rarement, des classes ou des structures de services dans certains établissements de l’éducation nationale. Ceci veut dire, qu’à Mostaganem, il n’y a aucun rapport ni aucune étude qui justifie la totale inexistence de ce matériau toxique. Nous avons appris que même les résultats des derniers recensements ne sont pas connus. Aujourd’hui, la grande énigme c’est que l’on ignore si un nouveau recensement verrait le jour pour réactualiser les données et mettre à jour ce fichier qui jetterait la lumière sur d’autres constructions qui, jusque-là, auraient échappé au recensement. Faut-il rappeler que des efforts considérables ont été consentis par les autorités de la wilaya pour éradiquer la menace mais certaines poches existent bel et bien et constituent une réelle menace. Par ailleurs, notre enquête nous a révélé qu’il y a à Mostaganem, chef- lieu, des structures qui sont à démolir afin de préserver la santé de ceux qui se trouvent sous leurs toits.
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Les platanes du centre-ville, une présence historique
Par Y. Zahachi
A l'origine, ces plantations représentées par ces arbres monumentaux datent de l'époque coloniale, principalement de la seconde moitié du XIXe siècle. Ils ont été plantés pour ombrager les places publiques et les boulevards, offrant un confort thermique essentiel durant les fortes chaleurs estivales. Dès 1851, la "Promenade Robin" (aujourd'hui intégrée aux espaces verts du centre) constituait un plateau ombragé par de "gigantesques platanes", servant de lieu de détente et d'auditions musicales pour la population. En termes de symbolique urbaine, ces platanes font partie intégrante du "tissu colonial" du centre-ville, qui est aujourd'hui acté au classement comme secteur sauvegardé pour sa valeur architecturale et paysagère. Comme sites marquants, c'est la place où ils trônent, entourée de bâtiments historiques comme la mairie et la mosquée "El Badr", qui a été, à certains moments, le théâtre de nombreux rassemblements populaires, des fêtes de nuit d'autrefois aux célébrations nationales. Mais depuis les années 1980-85, c'est la place de la Mairie actuelle, plus spacieuse et moderne qui a ravi la préférence. Après quelques bricolages, cette partie du centre-ville a connu un nouveau regard, en 2025, vers sa réhabilitation par les autorités locales. Plus de 100 millions de dinars ont été mobilisés pour ces opérations d'embellissement du chef-lieu. Les travaux ont été menés de front avec la réouverture de la "mosquée Badr", prévue pour le Ramadhan 2025, afin de livrer un centre-ville totalement rénové pour les grandes célébrations religieuses. Malheureusement, ce sont les historiques "Platanes et autres végétaux " qui ont fait les frais, à leurs dépens, au grand dam de la beauté des lieux.



