Le paysage urbain de la «Mekerra» a connu, mardi dernier, une mutation profonde, marquant une rupture nette entre une précarité sédimentée et une ambition de modernité. Sous l’égide de l'APC, l’opération de démolition des immeubles vétustes du quartier Ahmed Zabana, axe névralgique menant vers Mascara, ne constitue pas une simple mesure de génie civil. Elle symbolise la fin d’un cycle d’insalubrité au profit d’une dignité retrouvée. La déconstruction d'un tissu urbain dense exige une précision quasi chirurgicale. Pour cette intervention, la commune n'a pas lésiné sur la force matérielle. Engins lourds et main-d'œuvre spécialisée ont orchestré ce que l'on pourrait qualifier de «démolition contrôlée» où l'impératif sécuritaire l'emporte sur la célérité. La présence sur le terrain de la Cheffe de daïra et du président de l’APC souligne l’importance politique et sociale de l’événement. Ce ballet mécanique a été encadré par une coordination intersectorielle exemplaire tandis que les services techniques assuraient la mise à bas des structures, la Protection Civile et la Sûreté de wilaya veillaient au maintien d’un périmètre hermétique, garantissant l'intégrité physique des riverains dans cette zone à forte promiscuité démographique. Au-delà de l'amas de béton et de ferraille, l'essence de cette opération réside dans le relogement préalable des familles. En transférant les habitants de bâtisses menaçant ruine vers des logements décents, l’État réaffirme sa fonction protectrice, substituant à l'angoisse de l'effondrement, le confort de la pérennité. La célérité avec laquelle la campagne de nettoyage a été engagée immédiatement après la chute du dernier mur témoigne d'une volonté de ne pas laisser le vide urbain s'installer. L’évacuation systématique des gravats n’est que le prélude à une réhabilitation esthétique et fonctionnelle du quartier. La libération de ces espaces au cœur de Sidi Bel-Abbès ouvre un champ de possibles urbanistiques majeur. La destination future de ces terrains qu’il s’agisse d’équipements publics structurants ou d’espaces verts suggère une vision de la ville qui privilégie désormais la respiration et le service au citoyen. En transformant des zones de danger en vecteurs de dynamique sociale, la ville ne se contente pas de détruire, elle sème les graines d'un cadre de vie renouvelé. Le quartier Ahmed Zabana, ainsi délesté de ses stigmates du passé, s'apprête à devenir le théâtre d'une urbanité plus harmonieuse où le foncier redevient un levier de progrès collectif.
Sidi Bel-Abbès. Opération de démolition des immeubles vétustes
- par Mohamed Nouar
- Le 04 Avril 2026
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