Perturbations dans la disponibilité de certains médicaments. Les laboratoires algériens mis en demeure

L’Algérie veut lutter contre les dérèglements d’approvisionnement du marché en médicaments et elle s’en donnera tous les moyens. Il serait prématuré de parler de pénurie, tant les tenants et les aboutissants ne sont pas encore définis. Préméditation et responsabilité des laboratoires? Trop tôt pour l’affirmer, mais le ministère de l’Industrie pharmaceutique décide de mesures urgentes. En ce qui concerne la gestion des ruptures d’approvisionnement en médicaments et sécurité des stocks, l’État algérien s’implique et affiche un ton ferme. Force est de reconnaître à ce propos que les perturbations récentes dans la disponibilité de certains médicaments ont atteint un stade où le ministère de l’Industrie pharmaceutique s’est vu obliger de remettre les pendules à l’heure. En effet, ce que certains ont tendance à qualifier de crise du médicament, a fini par s’effondrer comme un château de cartes car il s’agit plutôt de «perturbations» et rien d’autre, en ce sens que des spécialistes de la santé publique sont unanimes à dire que les médicaments restent, à tout point de vue, disponibles en Algérie. Au niveau de certaines officines du pays, des clients ou patients étaient confrontés à une absence du médicament demandé. Ce faisant, un délai butoir de 48 heures à cinq jours au maximum a été accordé aux entreprises pharmaceutiques pour approvisionner le marché et les stocks de médicaments actuellement retenus. Une décision qui fait suite aux enquêtes approfondies menées par les services compétents et qui ont révélé une situation embarrassante: plusieurs médicaments signalés comme rares, voire introuvables dans les pharmacies, sont en réalité disponibles dans les entrepôts de certaines entreprises qu’il s’agisse d’importateurs, de fabricants ou de distributeurs en gros. Si les ruptures d’approvisionnement en médicaments font partie de la pratique pharmaceutique depuis des décennies, il n’en demeure pas moins qu’elles sont devenues parfois préméditées dans l’espoir d’influer sur les coûts ou carrément recourir aux «importations dans les bagages des voyageurs», chose que refuse catégoriquement le ministère. Le ministère dénonce vigoureusement des pratiques qui contribuent à aggraver la pénurie alors que l’Algérie a, de tout temps, prôné la santé et les médicaments pour tous. Ces manières d’agir de certaines pharmacies, de vouloir cacher aux patients les médicaments convoités, ne plaisent pas au ministère alors que ceux-ci éprouvent toutes les peines du monde à en dénicher sur le marché pour ce qui est de certains traitements essentiels. Ce qui veut dire que les stocks existeraient bel et bien en amont de la chaîne de distribution, mais que d'autres paramètres seraient en jeu. Une situation jugée inacceptable par les autorités qui pointent du doigt des comportements contraires à la réglementation. Dans sa note adressée aux opérateurs du secteur, le ministère insiste sur la nécessité de rétablir rapidement un approvisionnement normal des pharmacies. Le ministère rappelle que la disponibilité des médicaments constitue une priorité de santé publique et refuse que des pratiques spéculatives ou des stratégies de rétention de stock la compromettent. Pour remédier à cette situation, le ministère somme les entreprises concernées de lancer immédiatement la distribution des médicaments en rupture ou en tension. Elles devront se conformer strictement aux règles en vigueur afin de garantir l’approvisionnement de l’ensemble des officines à travers le territoire national. Par ailleurs, le ministère a annoncé la mise en place d’opérations de contrôle sur le terrain. Ces inspections seront menées par les services compétents afin de vérifier l’application effective des instructions et de s’assurer que les médicaments atteignent bien les pharmacies dans les délais fixés. Le ton se veut dissuasif. Les autorités préviennent que tout non-respect de ces directives pourra entraîner des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément des entreprises fautives. Le ministère rappelle également que certaines pratiques illégales telles que la spéculation, le stockage abusif ou encore la vente conditionnée, sont strictement interdites et passibles de poursuites conformément à la législation en vigueur. À travers ces mesures, le gouvernement entend rétablir l’équilibre du marché et garantir un accès équitable aux médicaments pour tous les citoyens. Une intervention qui traduit la volonté des autorités de mettre fin aux dysfonctionnements et de protéger le système de santé contre toute forme de dérive.


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