Le prix du pain en roue libre. Quand la baguette échappe au contrôle

Dans une dérive qui ne cesse de s’accentuer, le prix de la baguette de pain échappe à tout contrôle dans plusieurs quartiers d’Oran. Fixé officiellement à 7,50 DA, ce produit de première nécessité est pourtant cédé entre 15 et 20 DA par certains boulangers, au grand dam de citoyens déjà fragilisés par la cherté de la vie. Entre silence des autorités et pratiques abusives, la question se pose: qui protège encore le consommateur?
Alors que le prix de la baguette est officiellement fixé à 7,50 DA par les autorités, de nombreuses boulangeries à Oran affichent désormais des tarifs allant jusqu’à 15 voire 20 et 30 DA. Une dérive inquiétante qui pèse lourdement sur le quotidien des citoyens et pose la question du respect de la réglementation. Produit de base par excellence, le pain est devenu ces derniers temps un symbole de désordre commercial. Dans plusieurs quartiers, des boulangers n’hésitent plus à vendre la baguette à des prix dépassant largement le tarif réglementé fixé par l’État, soit 7,50 DA. Une hausse officieuse, mais bien réelle, qui suscite colère et incompréhension chez les consommateurs. Pour justifier cette augmentation, certains professionnels avancent la flambée des coûts des matières premières, de l’électricité ou encore des charges liées à l’exploitation. Des arguments qui, s’ils peuvent être entendus, ne sauraient pour autant justifier une fixation anarchique des prix, en dehors de tout cadre légal. Car sur le terrain, c’est une véritable anarchie tarifaire qui s’installe. Entre les boulangeries qui respectent encore le prix réglementé et celles qui imposent leur propre grille, le citoyen se retrouve livré à lui-même, sans repère ni protection réelle. Le pain, autrefois accessible à tous, devient progressivement un produit à prix variable, au gré des pratiques. Cette situation met également en lumière un autre phénomène: l’absence de contrôle rigoureux. Où sont les services concernés chargés de veiller au respect des prix réglementés? Pourquoi ces dépassements ne sont-ils pas systématiquement sanctionnés? Autant de questions qui restent sans réponse et qui alimentent le sentiment d’abandon chez les citoyens. Dans une ville où le pouvoir d’achat est déjà mis à rude épreuve, cette hausse déguisée du prix du pain vient aggraver davantage les difficultés quotidiennes. Le consommateur, lui, n’a ni les moyens de contester ni la culture de boycotter et se voit contraint de subir. Le pain n’est pas un produit comme les autres. Il touche directement à la dignité des citoyens. Face à cette dérive, la force de la loi doit primer. Il est impératif que les autorités compétentes réagissent fermement pour remettre de l’ordre dans ce secteur et protéger un droit fondamental: celui d’accéder à un aliment de base à un prix juste et réglementé.


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