De l'exil à l'enracinement. Quand la «Radieuse» devient une terre d'accueil

Oran, la radieuse, célèbre pour son charme et son potentiel touristique, ne se contente plus d'être une simple destination de villégiature. Elle est devenue, pour des dizaines de jeunes, venus des quatre coins du pays, une terre d’accueil et de promesses. En quête d'une ascension socioprofessionnelle, ces nouveaux résidents choisissent l'exil intérieur, attirés par un marché du travail plus dynamique que dans leurs régions d'origine. L'aventure commence souvent par un réseau d'entraide : un ami déjà installé ou un proche fournit les tuyaux nécessaires pour décrocher un premier emploi. Pour beaucoup, comme ce jeune serveur venu du centre du pays, l’opportunité inclut parfois le logement et le couvert, facilitant ainsi une installation rapide. Au fil du temps, ces «exilés» s'imprègnent de la culture locale. Si certains partagent encore des logements de fortune ou des dortoirs, beaucoup finissent par s’enraciner définitivement dans la capitale de l'Ouest, y fondant un foyer après avoir épousé les coutumes oranaises. Bien que profondément attachés à leurs racines — comme en témoignent les retours rituels vers la cellule familiale durant le Ramadhan — ces jeunes font preuve d'une détermination exemplaire. Pour les plus audacieux, le rêve va plus loin: à force de sacrifices et de privations, une minorité parvient même à ouvrir son propre commerce, devenant ainsi son propre patron. Loin de céder aux sirènes de l’émigration clandestine et aux dangers de la mer, ces jeunes, issus de milieux modestes, ont choisi de bâtir leur avenir ici, à l'ombre de Sidi El Houari. Pour eux, Oran n'est pas seulement une ville, c'est un tremplin vers la dignité et une alternative concrète à l'incertitude de l'exil vers l'Europe.


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