Payer via l’électronique est un moment fort de la transformation numérique en Algérie. Le cash se serait fini même s’il se fait «graduellement». Qu’en pensent opérateurs et experts algériens ? Une certitude que de dire que l’usage du liquide, jadis symbolisant moult tracasseries et lenteurs, a donné libre cours à une baisse continue de l’argent liquide des transactions. Pièces et billets vont-ils pour ainsi dire disparaître un jour ? En Algérie, cette mesure dont se sert une prétendue polémique faisant miroiter une peur bleue des opérateurs économiques et des adeptes de transactions, a bénéficié de soutien via banques et Algérie Poste contrairement aux pays de l’UE où c’est la sonnette d’alarme depuis l’annonce de la fin du paiement en espèces de 10.000 et plus euros dès 2027. Dans une volonté claire de moderniser l’économie nationale, les autorités publiques poursuivent leurs efforts. Réduire l’usage de l’argent liquide et encourager les paiements électroniques en est leur leitmotiv. Une nouvelle instruction fiscale consolide ce nouveau cap en introduisant des mesures incitatives indirectes destinées à faciliter l’adoption de ces outils par les citoyens et les commerçants. Pour ceux qui ne le savent pas, le paiement en espèces serait interdit depuis 2011. Il ne peut donc s’opérer que par chèque, par carte bancaire ou prélèvement de virement. L’Algérie a préféré donner du temps à ses opérateurs économiques afin de s’accommoder à ce nouveau cap de paiement électronique. Dans une économie qui se restructure et qui rompt progressivement avec l’ère de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures et le retour au grand galop des investisseurs étrangers au pays, il était indispensable voire primordial d’encourager le paiement électronique, une autre manière pour contourner ou faire face au blanchiment. Contrairement à d’autres dispositifs qui ciblent directement les consommateurs, l’approche adoptée repose ici sur un mécanisme indirect. Les banques commerciales et Algérie Poste jouent un rôle central dans cette stratégie. Elles prennent en charge les commissions liées aux transactions électroniques, ce qui allège les coûts pour les utilisateurs. La disparition de l’argent liquide est une réalité palpable vue par les experts du monde. Il est clair que les institutions concernées bénéficient d’un avantage fiscal : une réduction de la base imposable de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Ce système vise à encourager ces acteurs à promouvoir activement les moyens de paiement électroniques, tout en rendant leur utilisation plus accessible. Selon une instruction émise par la Direction générale des impôts, datée du 4 mars 2026, cette mesure s’inscrit dans la continuité des dispositions introduites en 2025. L’objectif reste inchangé : réduire la dépendance au paiement en espèces et intégrer davantage les transactions dans les circuits bancaires officiels. Le texte précise que ce dispositif, déjà en vigueur l’année précédente, est prolongé sans modification majeure. Il s’agit donc d’un prolongement logique d’une politique publique visant à accompagner progressivement la transformation numérique du système financier. La principale nouveauté réside dans l’extension de la durée d’application de cette mesure. Initialement prévue pour une période limitée, elle est désormais prolongée jusqu’au 31 décembre 2026. Cette décision traduit la volonté des pouvoirs publics de laisser le temps nécessaire à l’installation durable des paiements électroniques dans les habitudes quotidiennes. Elle permet également aux banques et à Algérie Poste de continuer à investir dans les infrastructures et les services liés à cette transition. Pour garantir une application uniforme, l’instruction renvoie à un arrêté publié en mars 2025. Celui-ci définit les modalités pratiques de la réduction fiscale ainsi que le plafond des commissions prises en charge. Les services fiscaux sont également invités à se conformer aux directives précédemment émises, notamment une instruction d’avril 2025. L’ensemble de ces textes vise à assurer une mise en œuvre cohérente et transparente du dispositif. À travers ces mesures, le gouvernement ambitionne de créer un environnement financier plus moderne et plus sécurisé. La réduction de la circulation de l’argent liquide en dehors des circuits officiels constitue un enjeu majeur, tant pour la transparence économique que pour la lutte contre l’informel. En favorisant les paiements électroniques, les autorités espèrent également améliorer la traçabilité des transactions et renforcer l’inclusion financière. Une étape supplémentaire vers une économie numérisée, en phase avec les standards internationaux.
Transformation numérique et paiement électronique. L'Algérie accélère la fin du cash
- par B. Habib
- Le 23 Mars 2026
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