Le géant chinois Geespace choisit l’Algérie pour sa première usine en Afrique. «Vers une indépendance technologique et spatiale»

L’Algérie voit grand, elle ouvre les yeux sur les enjeux prometteurs et des perspectives visiblement nourries de son investissement dans l’espace africain. Pour atteindre ce saut vers l’espace, aidé en cela par sa modeste révolution d’avoir mis sur orbite des satellites cent pour cent algériens, l’Algérie tire profit de ses partenaires. Cap donc sur le géant chinois Geespace qui jette ainsi son dévolu sur le pays, vu sa position géostratégique et ses atouts. Le géant asiatique y veut en effet planter sa première usine de fabrication de satellites en Afrique. Le groupe chinois Zhejiang Geely Holding, via sa branche spatiale Geespace, a choisi l’Algérie pour investir dans l’industrie spatiale africaine. Le choix porté par Geespace sur l’Algérie est stratégique du point de vue économique et commercial. Cependant, il est clair que pour l’Algérie, les visées sont légitimes: avec la réalisation de cette usine de production de satellites, l’Algérie, avec ses capacités spatiales et plus de trois satellites mis jusque-là en orbite, va non seulement perfectionner sa technologie de pointe mais va également maîtriser aussi l’industrie spatiale en Afrique. L’investisseur asiatique, connu mondialement par ses activités diverses et riches dans les domaines de l’automobile et les technologies de mobilité, veut désormais passer à un autre cap, mettant son index sur la construction d’usines de satellites en Afrique, dans le cadre de la délocalisation industrielle dans les continents. Ce sont pour ainsi dire les nouveaux contours d’une souveraineté technologique que l’Algérie entend bâtir. Ce choix place l’Algérie au cœur d’une compétition cruciale pour la maîtrise des données et des communications. En accueillant un projet d’une telle envergure dans un monde qui rivalise de force avec les puissances des technologies des transmissions, des communications et de renseignements stratégiques, le pays sait désormais sur quel pied danser et accélère sa conquête des connaissances de l’espace. Il ne se contente pas d’acheter une technologie clé en main mais négocie son entrée dans le cercle réduit des nations détenant en mains les clés du savoir spatial. Bien entendu, les enjeux peuvent dépasser les objectifs du projet en lui-même, en ce sens qu’il n’exclut pas de toucher aux questions sensibles comme la sécurité nationale, la sécurité de l’espace, de la confidentialité des données des institutions de l’Etat et des citoyens de la gestion. L’accord avec Geely ne se limite pas à un transfert de chaînes de montage. Selon les informations rapportées par le média spécialisé China Global South, le projet prévoit également la création d’un centre de recherche et d’application satellitaire. Ce lieu doit devenir un creuset où se mêleront ingénieurs algériens, scientifiques et entreprises locales, avec pour mission de développer de nouvelles technologies, d’assurer la maintenance des équipements et de former une main-d’œuvre hautement qualifiée. Cette approche intégrée est capitale et les retombées attendues sont multiples: Conception et production de satellites adaptés aux besoins spécifiques du pays; Réduction significative de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers pour les technologies critiques; Création d’un pôle d’excellence pour attirer les jeunes talents et stimuler l’émergence de start-up spécialisées et utilisation des données satellitaires pour la surveillance environnementale, la prévention des catastrophes naturelles et une meilleure gestion des ressources. Cette ambition spatiale repose sur des fondations juridiques solides. Les mémorandums de coopération, signés en décembre dernier avec l’Agence spatiale algérienne (ASAL) et Algérie Télécom Satellite, ont posé un cadre opérationnel précis. Ils définissent les modalités de production des satellites, le déploiement de services Internet des objets (IoT) par satellite et organisent les aspects commerciaux du partenariat. Des discussions techniques se poursuivent actuellement pour intégrer ces futurs équipements aux infrastructures nationales existantes et établir un calendrier de réalisation. Enfin, ce projet s’inscrit dans une dynamique nationale déjà bien engagée. Le lancement réussi des satellites Alsat 3A et Alsat 3B en janvier dernier témoigne de la volonté de l’Algérie de maintenir un rythme soutenu dans sa conquête technologique.


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