A Oran, les projets se succèdent, les inaugurations aussi. Mais une fois les rubans coupés et les photos publiées, une question persiste: où est le suivi? De nombreux travaux réalisés ces dernières années montrent déjà des signes de dégradation prématurée. Trottoirs fissurés, chaussées affaissées, éclairage public défaillant, espaces verts laissés à l’abandon… Certains chantiers à peine livrés présentent des non-conformités flagrantes. Il suffit d’ailleurs de voir le pavé qui est en train d’être posé dans diverses artères de la ville: des malfaçons apparaissent déjà, avec une finition médiocre qui laisse perplexes les riverains. Comment accepter qu’un aménagement censé embellir l’espace urbain donne, dès sa réalisation, une impression de travail bâclé? Comment expliquer que des projets financés par l’argent public se détériorent en si peu de temps? Le problème ne réside pas uniquement dans la qualité d’exécution, mais également dans l’absence de contrôle rigoureux après la réception des travaux. Le suivi technique semble souvent relégué au second plan, laissant place à une gestion superficielle des réalisations. Dans plusieurs quartiers de la ville, les citoyens constatent avec amertume que les mêmes défauts reviennent : dallage mal posé, réseaux d’assainissement défectueux, aménagements urbains inadaptés. Ces malfaçons engendrent non seulement un gaspillage de fonds publics, mais aussi une perte de confiance envers les responsables chargés du développement local. Le développement d’une ville ne se mesure pas au nombre de projets lancés, mais à leur durabilité et à leur conformité aux normes. Sans contrôle strict, sans suivi permanent et sans sanctions en cas de manquements, les erreurs se répètent et les budgets se dissipent. Oran mérite mieux qu’un simple affichage de réalisations. Elle mérite des projets solides, suivis et conformes, à la hauteur de son statut et des attentes de ses habitants. La question demeure: à quand une véritable culture de suivi et de responsabilité? Mais le plus inquiétant aussi reste le désordre provoqué par certains promoteurs immobiliers qui semblent agir au-dessus des lois. Des quartiers entiers sont livrés à l’anarchie : trottoirs éventrés, routes dégradées par les poids lourds, amas de gravats abandonnés à ciel ouvert, absence totale de signalisation et de mesures de sécurité. Les riverains vivent au rythme des nuisances, de la poussière et du danger permanent. Où sont les contrôles ? Où est le suivi des chantiers ? Cette permissivité alimente un urbanisme sauvage qui défigure la ville et bafoue le droit des citoyens à un cadre de vie digne.
De nombreux travaux réalisés montrent déjà des signes de dégradation prématurée. Où est le suivi des projets réalisés à Oran?
- par Youcef. Chaibi
- Le 04 Mars 2026
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