L'opération militaire lancée par les Etats-Unis samedi contre l'Iran a déjà provoqué un tir de missile contre une base américaine au Bahreïn, l'une des nombreuses installations du Pentagone dans la région susceptibles de subir des frappes de représailles de Téhéran. Le petit royaume du Golfe abrite une importante base navale, siège de la Cinquième flotte de la marine américaine. C'est cette base qui a été frappée samedi par une «attaque de missile», selon les autorités de Bahreïn. Ce port en eaux profondes de Bahreïn peut accueillir les plus grands navires militaires américains, comme les porte-avions. La marine américaine utilise cette base depuis 1948. Plusieurs navires américains ont leur port d'attache à Bahreïn, notamment des bâtiments antimines, des navires de soutien logistique et des vedettes d'intervention rapide des gardes-côtes. Des explosions ont été également entendues près de la base américaine d'Al-Udeid au Qatar, la plus grande de la région. En plus de plusieurs centres de commandement, elle accueille des avions de combat et des moyens de transport aérien, de ravitaillement en vol et de renseignement. L'Iran avait déjà tiré des missiles sur Al-Udeid en juin à la suite des frappes américaines visant des installations nucléaires iraniennes. Les forces américaines en Irak et en Syrie ont été à plusieurs reprises la cible de combattants pro-iraniens après le déclenchement de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza en octobre 2023. Washington avait riposté par de lourdes frappes sur des cibles liées à Téhéran, et les attaques ont depuis globalement cessé. Pour sa part, le Koweït héberge plusieurs bases américaines, notamment le Camp Arifjan, qui accueille le quartier général avancé de la composante armée de terre du Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. L'armée américaine dispose également de stocks de matériel prépositionnés dans le pays. La base aérienne Ali al-Salem accueille une escadre logistique et des drones d'attaques MQ-9 Reapers. Les Etats-Unis disposent aussi sur la base aérienne d'Al-Dhafra aux Emirats arabes unis, d'une importante escadre expéditionnaire aérienne qui inclut des drones MQ-9 Reapers. Des avions de combat y sont parfois de passage. Deux fortes détonations ont été entendues à Téhéran par des journalistes de l’AFP, quelque temps après que deux panaches d’une épaisse fumée ont commencé à s’élever dans le centre et l’est de la capitale iranienne. D’après l’agence de presse Isna, le quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei et la présidence, situés dans le centre de Téhéran, ont été visés. Des ambulances ont été envoyées dans le centre de Téhéran après l’explosion, et les hôpitaux sont en état d’’alerte, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Hossein Kermanpour, cité par l’agence officielle Irna. Le nombre éventuel de blessés et les zones exactes touchées seront communiqués dès qu’ils seront confirmés, selon la même source. Des explosions ont également touché la grande ville d’Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj situé à l’ouest de Téhéran ainsi que Kermanshah (ouest), a rapporté l’agence de presse Fars. «Le type d’explosions suggère qu’il s’agit d’une attaque de missiles», a-t-elle indiqué, sans plus de précisions dans l’immédiat. Les appels et la connexion internet sont instables et aléatoires. Mais aussi des fortes explosions ont été entendues samedi matin à Jérusalem peu après que des sirènes d’alerte antiaérienne ont retenti au-dessus de la ville, a-t-on rapporté. Au moins une personne a été blessée et pris en charge par les secours. Les sirènes ont retenti à plusieurs reprises à Jérusalem, à quelques minutes d’intervalle. L’armée israélienne avait annoncé un peu plus tôt avoir détecté des tirs de missiles d’Iran en direction d’Israël. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Volker Türk a mis en garde vendredi contre la banalisation du recours à la force pour résoudre les différends, qui entraine une augmentation du nombre de conflits dans le monde. "Le monde marche sur la tête", a déclaré M. Türk devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.
Synthèse de B. L.



