Président de la FIFA depuis exactement 10 ans. Infantino, l’œuvre d’une décennie

Arrivé en pleine crise de crédibilité et au moment où les scandales politico-financiers s’empilaient, Giovanni Infantino a bouclé, avant-hier, dix ans à la tête de la plus puissante Fédération sportive au monde. «Rendre le football à la FIFA et la FIFA au football », tel était le credo, l’objectif et le slogan du souriant Gianni, lors de son élection à la tête de l’instance planétaire le 26 février. Au moment où la FIFA était secouée par un fort séisme qui a fait s’écrouler le « système-Blatter » et que son image était incroyablement écornée, l’ancien Secrétaire général de l’UEFA s’est alors attelée à redorer son blason et à faire de l’institution internationale un modèle de transparence en matière de gestion, de respect de la déontologie et d’ouverture sur le monde, avec la même empathie pour les grandes nations du football que pour les sans grades des continents, jadis oubliés. L’Afrique peut, d’ailleurs, en témoigner à travers la grande enjambée effectuée en matière de développement du football. D’ici la fin de l’année, 05 milliards de dollars américains auront été mis à disposition à des fins de développement via le Programme Forward qui a été lancé par le président Infantino en 2016 afin de permettre à toutes les Fédérations de football de bénéficier d’un soutien financier et d’une expertise pour développer le jeu. En langage des chiffres, plus de 1,2 milliard de dollars de financement ont contribué au développement du football sur le continent avec, en l’espace de cette décennie du renouveau sous l’égide de l’italo-suisse, 203 projets d’infrastructure ont été achevés.

Ce qui a changé en Afrique

A ce titre, 74 centres techniques et sièges administratifs ont été construits, rénovés ou modernisés afin de renforcer les bases du développement et l’administration locale alors que pas moins d’une centaine de terrains en gazon artificiel, 99 pour être plus précis (y compris des terrains synthétiques) ont été construits. De plus, 59 stades et tribunes ont été rénovés et finalisés, ce qui dit tout de la volonté de la FIFA de faire basculer l’Afrique dans une ère nouvelle à la mesure de l’immense et hétéroclite pépinière de talents bruts qu’elle a toujours été. Toujours à ce propos, rappelons qu’il y a un an et demi, soit en juin 2024, le Juba National Stadium au Soudan du Sud a été inauguré après sa rénovation dans le cadre du Programme FIFA Forward. Un investissement d’environ 6,9 millions USD a permis l’installation d’un terrain en gazon artificiel certifié FIFA, la construction de quatre vestiaires, de bancs pour les équipes, d’une tribune média, d’espaces VIP et d’autres installations, transformant le stade en une enceinte de 7000 places, conforme aux normes de la CAF. 51 projets liés aux compétitions ont, tout autant, été financés ou lancés comme, pêle-mêle, un festival Grassroots au Burkina Faso, le championnat élite senior au Tchad, le championnat U17 en Guinée équatoriale, des projets U13 et U15 au Malawi, un tournoi interprovincial en Ouganda ou encore le championnat provincial féminin en Afrique du Sud. L’ouverture du Hub Afrique à Rabat, au Maroc voisin, afin de se rapprocher encore davantage des 54 fédérations africaines illustre, aussi, la détermination de la FIFA de ne pas laisser le continent noir en rade. Autant de réalisations, en somme, qui disent presque tout de cette nouvelle FIFA depuis que Gianni Infantino et son équipe en tracent les contours et les principaux axes de sa gestion.

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Ils ont dit à son propos

Arsène Wenger (Directeur du développement du football mondial, FIFA):
«Gianni est tourné vers l’avenir, vers de nouvelles idées»
«Lorsque j’ai mis un terme à ma carrière d’entraîneur, j’ai souhaité transmettre ce que j’avais appris durant mes 40 années de carrière et continuer à avoir une influence sur le jeu. La FIFA est venue me chercher à ce moment-là et, pour moi, c’était une évidence. Lorsque j’ai pris mes fonctions en 2019, je me suis retrouvé dans un bureau avec une mission claire : améliorer le football dans le monde. J’ai constitué une équipe et, en analysant l’état du football, nous avons constaté que sa plus grande faiblesse à l’échelle mondiale était l’éducation; nous avons donc décidé de tout mettre en œuvre pour y remédier». «De nombreux pays ne disposent pas de moyens nécessaires pour offrir aux jeunes joueurs, simplement la possibilité de jouer, la chance même de pratiquer le football et de s’y développer. C’est pourquoi nous avons lancé une plateforme de formation en ligne pour les entraîneurs, accessible gratuitement partout dans le monde. Le succès est immense. Nous voulions également donner aux pays la possibilité d’atteindre leur potentiel en créant des académies partout dans le monde. Aujourd’hui, en 2026, nous comptons environ 60 académies dans 60 pays différents». «Lorsque l’on travaille à la FIFA, on est toujours sous pression et sous surveillance et c’est normal. Globalement, je pense que l’un de nos points forts est d’avoir développé le jeu en renforçant ses fondations ainsi que ses compétitions. Gianni Infantino est un président tourné vers l’avenir, toujours ouvert aux nouvelles idées. Je lui suis reconnaissant d’avoir pleinement soutenu nos projets éducatifs et d’avoir permis d’obtenir les financements nécessaires, approuvés par l’ensemble des Fédérations. Il est convaincu, comme moi, que chaque pays mérite sa chance». «Je suis également convaincu que l’organisation annuelle des Coupes du Monde U-15 et U-17 transformera durablement le football mondial. Ces dix dernières années, beaucoup a été fait pour aider les pays en développement à rattraper leur potentiel; c’est une grande fierté. En assumant pleinement son rôle éducatif, la FIFA contribue non seulement à changer le football, mais aussi le monde».

Blaise Matuidi à propos du Players’ Voice Panel et des initiatives de la FIFA
contre le racisme:
«Des actions concrètes menées contre le racisme»
«Nous prenons les choses plus au sérieux et surtout, les sanctions sont appliquées immédiatement. Je pense que c’est un élément important pour le football… et particulièrement pour la nouvelle génération. On sent qu’une nouvelle ère est arrivée et toutes ces mesures — qui permettent aux instances dirigeantes d’affirmer les valeurs de respect et d’unité chères au football — sont mises en œuvre et prises en considération par tous. Et cela fait du bien, car même s’il existe encore des cas d’abus racistes, on constate qu’il y a des progrès». «Grâce à ce Players’ Voice Panel, je pense que des actions concrètes sont menées. Cela signifie que nous sommes désormais capables d’identifier, d’analyser et d’aller directement au cœur du problème, par différents moyens. Je pense que des efforts incroyables ont été réalisés par le Président Infantino et son administration pour éradiquer tout ce qui a pu se produire - toutes les formes de discrimination - et je crois que c’est une très bonne chose. Cela signifie que nous, membres du Players’ Voice Panel, pouvons également apporter nos idées et donner des conseils, tout en soutenant ces sanctions par nos noms, nos voix et notre force collective. Et je pense que c’est formidable pour le football car il en avait vraiment besoin». «Nous avons accompli beaucoup de travail ensemble et, d’ailleurs, je tiens à remercier la FIFA pour cela, car elle a clairement montré que, grâce à nous, sportifs… le monde peut nous écouter. C’est une reconnaissance forte. Nous serons plus forts ensemble. Nous avons joué au football, mais nous en sommes aussi les “visages”. Je pense donc que nous montrons l’exemple et il est important que cet exemple serve à apporter de nouvelles idées, à débattre et, si nécessaire, à instaurer des sanctions».

Nasser Al-Khelaïfi, Président du Paris Saint-Germain:
«Son arrivée a fait évoluer le football»
«Il y a eu beaucoup de changements, honnêtement, depuis 2016. La confiance que nous avons construite avec le président Gianni Infantino est essentielle. Bien sûr, nous ne sommes pas toujours d’accord, mais il a toujours la volonté de trouver une solution pour faire au mieux. Il disait toujours : “Je ne veux rien pour la FIFA ; je veux pour les clubs, pour les Fédérations”, ce qui facilite également les choses pour nous. La confiance était là. Le respect était primordial. Chacun apporte quelque chose à l’autre. Et le plus important, c’est le football dans le monde. C’est l’objectif que nous poursuivons toujours tous les deux. Et c’est pour cela que nous trouvons toujours une solution». «Il y a eu une grande évolution dans le football et au sein de la FIFA. La confiance s’est reconstruite. Le football lui-même, les règles, les nouvelles compétitions comme la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Il existe également une relation entre l’EFC (European Football Clubs) et la FIFA. Il y a eu énormément de changements, y compris dans les formats - davantage d’équipes, 48 équipes pour la Coupe du Monde de la FIFA. Il y a donc eu une véritable évolution du football depuis l’arrivée du président Gianni. C’est grâce à lui que la FIFA est aujourd’hui là où elle en est. Notre Coupe du Monde des Clubs est, pour moi, un immense succès : environ 2 milliards de dollars de revenus en moins d’un an. Ce fut un grand succès pour les clubs et pour la FIFA. Et je pense qu’il veut toujours le meilleur pour le football. C’est ce que nous voulons. C’est ce que veulent les supporters, les médias, les clubs, les équipes nationales, les ligues. J’espère que cela permettra de rassembler tout le monde».


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