Un projet de loi vient d’être promulgué par le ministère de l’Intérieur. Il est constitué de 97 articles répartis sur 07 chapitres, garantissant aux partis politiques un champ d'action plus élargi, assurant ainsi une participation effective à la vie politique. Cette loi assure également l’octroi des moyens d'action, d'organisation et d'expression, tout en leur permettant de contester les décisions administratives devant les tribunaux. Le projet de loi s’attaque par la même occasion, et de façon très sévère, au phénomène du nomadisme politique. Ce terme désigne le changement de parti par des élus en cours de mandat. C’est un comportement négatif ayant nui à l’image du pluralisme politique en Algérie. Une mauvaise image concrétisant le manque de sérieux et d’engagement chez une catégorie d’hommes politiques et de partisans que l’on peut designer d’opportunistes et de gens sans principes. Donc, ce texte prévoit la déchéance du mandat électif et la radiation de l’élu transfuge. Il cible, en outre, la moralisation de la vie politique, le renforcement de la discipline partisane et enfin, la limitation de l’opportunisme politique. Un parti politique, cela sert surtout à servir le pays, la patrie et non se servir ses propres intérêts et ceux de ses proches. Bien que mieux vaut tard que jamais, cette loi aurait dû être promulguée, dès le début du pluralisme, avec la fameuse réforme constitutionnelle du 23 février 1989. Par la cause d‘un manque de connaissance et d’expérience dans le domaine du pluralisme, pas mal de «militants des partis» ne savaient ce que c’était être un militant partisan, au sein de telle ou telle formation politique. Il y a des gens qui auraient changé «de veste» plus d’une dizaine de fois, selon ce que dictaient les intérêts, les privilèges et surtout la rente. C’est quoi au fait, un parti politique, selon les normes en cours! C’est une association voire une organisation durable, rassemblant des personnes consciencieuses et politiquement cultivées, partageant des idéologies, plus au moins, communes. Ils visent à conquérir et exercer le pouvoir politique ou à l'influencer. Pour y arriver, ils utilisent le soutien populaire et électoral. Le multipartisme est l’aspect le plus important dans l’exercice de la démocratie. Mais cela ne peut pas marcher selon les normes, sans l’instauration d’un Etat de droit. Toute absence d’un Etat de droit, le multipartisme et la démocratie vont se transformer en une supercherie, visant à tromper les masses. C’est justement ce qui avait manqué au multipartisme ou au pluralisme politique et syndical naissant en Algérie, depuis 1989.



